Cameroun: Crise anglophone - Sept civils tués par balles à Widikum, Batoh, Mamfe.

Au moins sept civils ont été tués ce mardi par les forces de sécurité camerounaises dans les villes de Widikum, Batoh (Nord-ouest) et Mamfe (Sud-ouest)."Nous étions tous à la maison lorsque les forces de l'ordre sont entré dans la maison de nos voisins, ont extrait trois des occupants, tous des jeunes , les a conduit vers le lieu dit Vieux pont de Widikum avant de les fusiller", a raconté le voisin des victimes.

Deux autres ont été abattus à l'entrée du marché de Widikum sur la place du marché, a déclaré à Camer.be un autre témoin qui a vécu la scène à partir de la fenêtre de sa maison

Selon cette dernière source, un autre jeune a été blessé par balle sur le lieu dit vieux pont de Widikum et a survécu, mais se trouve dans un état critique à l'hôpital catholique Saint Mary de Widikum.

Des informations recueillies à Widikum par nos soins font état de ce que toutes les victimes étaient des civils innocents et non armés qui se livraient à leurs activités courantes avant d'être tués par les forces de l'ordre.

Depuis ce matin, les rues de la ville de Widikum sont vides. Les habitants vivent dans la peur.

Des civils tués à Mamfé dans le Sud-ouest

Toujours ce matin, mais cette fois à Mamfé dans la région du sud-ouest, deux autres civils ont été abattus par les forces de l'ordre.

Selon des informateurs locaux joints par téléphone, les deux civils ont été retrouvés morts lundi 25 mars dans le village d'Egbekaw, un quartier de Mamfé, après leur arrestation par des éléments de l'armée camerounaise dimanche soir.

Ces deux civils tués à Mamfé sont soupçonné selon une source policière locale qui a requis l'anonymat, d'appartenir à un groupe de sécessionnistes armés qui sèment « la terreur" dans la ville de Mamfé

Il faut souligner que la rébellion anglophone avait commencé dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun en 2016 suite à des manifestations de la minorité anglophone contre l'armée.

Dans cette zone, depuis fin 2017, des combats opposent régulièrement les forces de sécurité à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les kidnappings.

La minorité anglophone réclame plus d'autonomie et un meilleur traitement par les autorités camerounaises.

Selon l'ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones, et plus de 32.000 autres ont fui au Nigeria voisin.

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