Tunisie: «Consacrer la gouvernance participative»

27 Mars 2019

Le discours du chef du gouvernement adressé aux maires présents a été franc et direct. Il n'y a point de place aux divergences et aux différends pour faire avancer le processus de décentralisation et appuyer les mécanismes de la gouvernance participative. Ce qui prime, c'est l'unité du pays, a martelé le chef du gouvernement qui n'a pas manqué d'évoquer les conditions difficiles dans lesquelles travaillent certains maires.

Soutien de l'Etat à la gouvernance locale

Organisée sous l'intitulé « Pour des municipalités actives dans le développement local », la première journée du forum a été marquée par la distribution de 533 appareils et équipements de nettoyage et de propreté au profit de 158 municipalités. Ces équipements ont été acquis dans le cadre d'un appel d'offres organisé par la Caisse des prêts et de soutien des collectivités locales relevant dudit ministère, avec un budget de 90 millions de dinars, révèle le ministère de tutelle. D'autres engins sont programmés pour les nouvelles communes pour la période à venir.

Le rôle de l'Etat est d'appuyer les communes dans les moments de travail difficiles et notamment dans la mise en œuvre de la décentralisation qui demeure un défi de taille dans le processus de transition démocratique. Cela contribuera inéluctablement à booster et diversifier le développement dans les régions et lui conférer plus d'efficacité dans un cadre visant l'inclusion du citoyen et sa participation dans la gouvernance locale, a souligné Youssef Chahed.

Le chef du gouvernement a mis en valeur la couverture, aujourd'hui, de la totalité du territoire par les collectivités locales grâce à l'entame du processus de décentralisation, aux élections municipales et au code de collectivités locales et ce au moment où 30% de la population tunisienne était privé de cette couverture. La communalisation intégrale du territoire s'est accomplie avec la création de 86 nouvelles communes et l'extension de 187 autres communes déjà existantes.

Le chef du gouvernement a rappelé l'importance du nouveau code des collectivités locales et sa réalisation qui a pris beaucoup de temps. Il est vrai qu'avec les 400 articles, la publication des décrets issus de cette loi prendra elle aussi du temps.

Nouvelles mesures au profit des municipalités

Evoquant la nécessité de réformer le système financier des collectivités locales dans le cadre de la transparence et de la bonne gestion, le chef du gouvernement a annoncé qu'une nouvelle loi sera présentée demain, jeudi, au Conseil des ministres. Les communes sont appelées à se moderniser de plus en plus en vue de mieux servir le citoyen et de répondre à ses attentes, ce qui n'est pas donné à toutes les communes pour de multiples raisons, dont notamment le faible taux d'encadrement et un financement qui fait le plus souvent défaut. A cet effet, un plan national a été mis au profit des communes, visant le renforcement des capacités humaines et financières et la digitalisation de l'administration.

Sur le plan de l'investissement et dans le cadre de l'accélération de la communalisation des territoires ruraux, un programme de développement est en phase d'exécution avec un budget de 855 millions de dinars pour les nouvelles communes ou celles qui ont connu des extensions territoriales, a encore annoncé le chef du gouvernement. Pour ce qui est du Programme de développement urbain et la gouvernance locale (Pdugl), la valeur des investissements pour la période 2016-2020 est estimée à 1.450 millions de dinars.

Dans le cadre du renforcement des capacités financières des communes dans les prochaines années, les réformes financières fixées par le ministère des Affaires locales et de l'Environnement sont aujourd'hui une nécessité. De ce fait, « le fonds d'appui à la décentralisation, de péréquation et de solidarité entre les collectivités locales » sera inclus dans le projet de loi de finances pour l'exercice 2020. Le budget des collectivités locales sera revu à la hausse durant les années à venir et un plan de réforme des lois régissant le financement des collectivités locales pour les années 2020/2021/2022 sera élaboré sous la supervision d'une commission formée de représentants de la présidence du gouvernement, des ministères des Affaires locales, des Finances et des Domaines de l'Etat. Dans le même contexte des séries de mesures annoncées, le chef du gouvernement a décidé la création de la haute instance des finances locales avant la fin du mois de juin 2019 comme le stipule le Code des collectivités locales.

Le message du chef du gouvernement

Plusieurs autres mesures ont été annoncées par le chef du gouvernement dans le cadre du renforcement des ressources humaines et l'augmentation graduelle du taux d'encadrement dans les communes, l'appui au programme de formation au profit des conseillers et agents municipaux dont le nombre s'élèverait à dix mille, et ce, pour la période allant jusqu'à l'année 2020, sans oublier la digitalisation des services relevant des collectivités locales qui seront de ce fait plus visibles pour le citoyen et consolideront la démocratie participative. A partir de ce jour, le citoyen sera en mesure d'obtenir un extrait de naissance en ligne, a encore annoncé le chef du gouvernement.

Youssef Chahed n'a pas manqué de mettre en exergue l'amélioration des services dans la majorité des communes en dépit des difficultés structurelles observées et des conditions de travail difficiles. Son message adressé aux maires et représentants des conseils municipaux présents à cette occasion ne souffrait aucune équivoque. Eviter les divergences et les différends. La décentralisation n'est pas incompatible avec l'unité du pays.

Aujourd'hui, il est temps de passer à la pratique, a annoncé de son côté le ministre des Affaires locales et de l'Environnement, Mokhtar Hammami. Ajoutant que le temps est venu pour que le citoyen ressente les effets positifs des réformes introduites en matière de gouvernance locale.

Ajouté le : 27-03-2019

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.