Algérie: Rejet de l'impeachment - Et pourtant il faut sortir de l'impasse !

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« Non, non et encore non ! » Après la déclaration du général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major et vice-ministre de la Défense, qui proposait la mise en branle de l'article 102 de la Constitution pour une sortie de crise, l'Algérie est toujours dans l'impasse. L'opposition, la société civile et surtout la rue ont rejeté l'option d'un impeachment à l'algérienne.

Autrement dit, beaucoup sont peu favorables au fait que le Conseil constitutionnel se réunisse de plein droit pour vérifier l'incapacité du président à exercer sa fonction et qu'il propose au Parlement de déclarer l'état d'empêchement.

L'article 102 aurait pourtant permis d'éviter au pays de sombrer dans l'anarchie que les fins de règne aussi calamiteuses entraînent souvent.

Mais il faut dire, à la décharge des contempteurs du régime, que le profil du porteur de cette proposition est loin d'être innocent.

Quand bien même le général Gaïd Salah aurait changé son fusil d'épaule en prétendant que l'armée est aux côtés du peuple, on se demande par quel prodige le faucon qu'il a toujours été s'est subitement transformé en colombe...

N'est-ce pas lui qui, au début du mouvement du 22 février, tenait un discours martial, tirant des coups de semonce sur ceux qui, selon lui, voulaient instaurer le chaos et mettant en garde ses compatriotes contre les « appels douteux » qui poussent des Algériens « égarés » vers des « sentiers peu sûrs » ?

A l'en croire, certains de ses compatriotes chercheraient à provoquer le retour aux « années de douleur » de la décennie 90.

N'était-il pas le 11 mars dernier au palais d'El Mouradia en compagnie de l'ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du nouveau chef du gouvernement, Noureddine Bedoui (alors ministre de l'Intérieur), du tout aussi nouveau vice-Premier ministre Ramtane Lamamra, de Saïd Bouteflika (Monsieur frère) et de la plume du président, Benamor Zerhouni ?

Là, ils ont tenu un conclave pour échafauder un plan de sauvetage du régime qui sera par la suite présenté au grabataire de la Zeralda rentré la veille d'une hospitalisation de 15 jours à Genève.

Qu'une telle personnalité, véritable pilier du régime et qui, à elle seule, symbolise le vieux monde que les manifestants du vendredi veulent balayer, devienne subitement un repenti, ça a quelque chose d'incongru.

Pour autant, on aurait tort de déconsidérer sa proposition de sortie de crise, car sauf à vouloir un coup d'Etat en bonne et due forme, il faudra bien encadrer juridiquement cette transition qui se profile pour éviter de tomber dans un vide constitutionnel après la fin du mandat de Bouteflika dans un mois.

Après avoir déjà dit non, et à juste titre, aux différentes mesures proposées par le pouvoir (renonciation à un cinquième mandat, report des élections, transition, conférence nationale... ) qui sonnaient comme autant de manœuvres dilatoires pour sauver ce qui pouvait encore l'être, les contempteurs du président sortant vont-ils s'obstiner et rejeter en bloc tout ce qui vient du camp adverse ?

Or, sauf à vouloir s'installer durablement dans l'impasse, il faudra bien à un moment ou à un autre dire « oui ». Et le plus tôt serait le mieux.

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