Congo-Kinshasa: Sénat, Assemblée Nationale, Gouvernorat, Assemblées provinciales - Emoluments au rabais... finie la course aux mandats !

La configuration toute proche du Sénat, de l'Assemblée Nationale, des Gouvernorats des provinces et des Assemblées provinciales fait hérisser le poil de plus d'un Congolais. En effet, à la faveur d'une escroquerie politique sans nom, le pays se retrouve avec des familles biologiques où les parents (pères et mères) sont à la fois sénateurs, députés nationaux, gouverneurs de provinces et députés provinciaux.

Avec leurs quatre mandats chacun et chacune, ils ont la latitude de placer, sous couvert de « suppléants », au moins six de leurs enfants au Sénat, à l'Assemblée Nationale et dans les Assemblées provinciales. Ainsi donc, sans avoir battu campagne nulle part, des « héritiers » biologiques se trouvent propulsés dans les institutions de la République, au grand dam des électeurs, qui avaient eu le tort de donner leurs voix à leurs pères ou mères, candidats aux différents scrutins.

Mais qu'est-ce qui explique cette boulimie politique ? La raison est fort simple. La fonction de sénateur rapporte à celui ou celle qui l'exerce, selon les statistiques de la dernière législature, l'équivalent de 14.000 dollars américains à l'élu. Quant au député national, il ou elle pointe à 13.000 dollars américains. Le député provincial, entre 1.500 et 4.500 dollars selon qu'il siège dans une province « pauvre » ou « riche ».

La course aux émoluments faramineux à recueillir, sans le moindre fort, sur un plateau d'or, à la fin de chaque fois est si rude que les candidats financièrement forts sont passés à la vitesse supérieur, en achetant purement et simplement les voix des députés provinciaux pour se faire élire sénateurs ou gouverneurs de provinces.

Suffrages directs et rabattements des émoluments

Face à l'escroquerie politique qui consiste en la « distribution » de mandats politiques entre pères, mères, fils et filles, voire frères, sœurs, oncles, tantes, neveux, cousins et cousines... et à la montée de la corruption dans les compétitions électorales, nombre d'observateurs préconisent, en sus du changement du mode de vote, à savoir le passage des « élections indirectes » aux « élections directes », le rabattement drastique des émoluments des sénateurs, des députés nationaux, des gouverneurs de provinces et des députés provinciaux.

Si le « salaire » du sénateur ou du député national était plafonné à l'équivalent de 5.000 dollars américains, comme suggéré par le député national Delly Sesanga lors de la plénière de l'Assemblée nationale consacrée à l'examen et l'adoption du Règlement Intérieur, ou à 2.000 dollars américains comme c'est le cas pour le professeur d'université, en guise de solidarité avec les masses congolaises clochardisées pendant les 32 ans du « mobutisme » et les 18 ans du « kabilisme », plus personne ne va se précipiter à aller siéger au Palais du Peuple.

Le tollé suscité par l'idée de Sesanga était suffisamment éloquent sur l'état d'esprit qui règne dans les cercles des « élus du peuple », à savoir la recherche de l'enrichissement rapide et facile, sur les dos de pauvres contribuables congolais.

La RDC présente une situation assez paradoxale où les impôts des pauvres sont destinés à enrichir des membres des institutions de la République, qui prétendent travailler pour l'intérêt général, alors qu'en réalité, leur dessein inavoué est de vivre éternellement aux frais de l'Etat.

Le député précité a démontré à tous que les institutions consomment plus de 70 % du budget national. C'est anormal et insupportable. Il est grand temps que le nouveau pouvoir recadre les choses en fixant, pour les sénateurs, députés nationaux, gouverneurs de provinces et députés provinciaux, des émoluments conformes aux moyens de l'Etat. Si les opérations de rabattement des « salaires politiques » tant souhaitées se traduisent en actes, il n'y aura plus ni bousculade pour siéger au Sénat, à l'Assemblée Nationale, au Gouvernorat de province ou à l'Assemblée provinciale, ni corruption des députés provinciaux pour gagner un siège de sénateur. Les politiciens de carrière pourraient même changer de métier et rentrer dans leurs filières de formation scolaire, académique, scientifique ou professionnelle. Il faut casser le mythe du sénateur, du député national, du gouverneur et du député provincial millionnaire « oisif » ou presque.

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