29 Mars 2019

Mozambique: À Beira, ce qui restait du Grande hôtel a survécu au cyclone Idai

C'est un endroit emblématique de la ville de Beira, au centre du Mozambique. Le Grande hôtel, un hôtel fastueux construit à l'époque coloniale qui a connu son heure de gloire dans les années 1980 jusqu'à sa faillite après l'indépendance.

Petit à petit, des familles se sont installées dans le bâtiment. Aujourd'hui, le Grande hôtel abrite 9 000 personnes. Du beau bâtiment art-nouveau, il ne reste que le squelette de béton. Mais bien que le cyclone Idai ait détruit près de 90% de la ville de Beira, le Grande hôtel lui, est toujours là.

« Qu'est-ce que vous voulez voir en premier, le couloir ? Là, c'est l'église, elle a beaucoup souffert. » Beatriz est la présidente du conseil des habitants du Grande hôtel. Voilà 23 ans qu'elle habite là, des histoires à raconter, elle en a beaucoup, mais le cyclone Idai reste la plus impressionnante : « Quand le vent s'est mis à souffler, tout s'est envolé : les portes, les fenêtres... Le vent est rentré, tout ce qui était dans les maisons, s'est cassé. Le vent tourbillonnait à l'intérieur de l'hôtel. Ailleurs, les gens ont vu leur maison tomber, mais ici, dans l'hôtel c'était une vraie tempête. »

Joao Carlitos habite au 2e étage, tout au bout de l'aile. Il nous invite dans sa chambre. « On vit ici avec ma femme et nos trois enfants. On cuisine là, sur le balcon. Ça, c'est la chambre d'hôtel qui nous sert de salle à vivre. On y mange, on y dort. Le jour du cyclone, le bâtiment tremblait fort, mais rien de s'est cassé chez nous. Ceci dit, on n'a presque rien », raconte-t-il.

Assis au bord de la piscine olympique transformée en lavoir géant, Alfredo Nindo fume une cigarette. Sa chambre a été détruite par le cyclone. Avec sa famille, ils vivent maintenant aux quatre vents. « On n'a pas de matériaux pour réparer. Ça coûte trop cher. Une porte coûte 5 000 meticais, avant le cyclone c'était 2 000. Là c'est chez ma belle-sœur, on a réparé avec quelques panneaux de taule récupérés, pour essayer de vivre un peu décemment. »

Les habitants du Grande hôtel se disent prêts à quitter les lieux, à condition que la ville leur fournisse des terrains.

Quand le vent s'est mis à souffler, tout s'est envolé : les portes, les fenêtres... Le vent est rentré, tout ce qui était dans les maisons, s'est cassé. Le vent tourbillonnait à l'intérieur de l'hôtel. Ailleurs, les gens ont vu leur maison tomber, mais ici, dans l'hôtel c'était une vraie tempête...

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