Afrique: Ruslan Obiang Nsue, « Dans moins de 10 ans, une équipe africaine remportera la coupe du monde »

interview

Ruslan Obiang Nsue est le président du leader actuel du championnat équato-guinéen de football, Akonangui FC. Il est la voix d'une génération d'Equato-guinéens qui a grandi avec le football des années 2000.

Il est celui qui était aux commandes du football lorsque la Guinée Equatoriale a remporté les CAN Féminines en 2008 et 2012 et les hommes ont atteint pour la première fois de l'histoire du football équato-guinéen, les quarts de finales d'une CAN, c'était en 2012 en co-organisation avec le Gabon. Approché par cafonline.com, il partage sa vision du football équato-guinéen et africain. Une discipline qu'il a pratiquée dans sa jeunesse.

Racontez-nous votre premier souvenir dans le football ?

Mon premier souvenir remonte à l'âge de 16 ans. J'étais encore étudiant en Espagne. J'ai joué dans l'équipe de Castellón de la plana. Une équipe de deuxième division à l'époque. J'ai été sélectionné pour l'équipe nationale de la Guinée Equatoriale quelques temps après. L'équipe s'appelait encore « Basilé ». C'est à ce moment que je tombe amoureux du football. Il y a plusieurs années aujourd'hui. Dans les années 1990, je crée ma première équipe de football, The Panthers qui est toujours en première en division en Guinée Equatoriale. C'est le travail fourni avec cette équipe qui m'a valu une nomination comme Directeur des sports au ministère de la jeunesse et des sports. Et voilà comment je me retrouve dans l'administration et le monde de la gestion sportive. Quelques temps plus tard, je deviens secrétaire d'Etat aux sports. Entre temps, j'avais en tête l'idée de parcourir le monde un jour et de révolutionner le football dans mon pays.

Depuis quelques années, le football féminin équato-guinéen est en perte de vitesse. Ça vous préoccupe ?

Sincèrement oui. C'est très difficile pour moi qui ai contribué à mettre en place cette équipe féminine nationale. L'effectif des joueuses est déjà vieillissant. Il est temps de renouveler les effectifs, de rajeunir l'équipe. La dernière prestation de notre équipe féminine à la CAN féminine au Ghana m'a fait couler les larmes au vu de la prestation de nos joueuses. Avec des scores fleuves c'est désolant. Ces filles ont tout donné au pays. Elles étaient de l'expédition qui a remporté deux CAN féminines. Elles ont aussi joué une coupe du monde, une grande première pour notre pays. Mais elles n'ont plus les jambes d'antan. Ce qui est assez dommage, c'est qu'en Afrique, les joueurs ne savent pas prendre leur retraite à temps. Ces joueuses, n'ont plus le même physique, la même fougue, la même pointe de vitesse. Je me souviens, avant la CAN féminine 2008, lorsqu'il fallait bâtir une équipe compétitive, il nous avait fallu deux ans de préparation intense avec des dizaines de matches de préparation. Et au bout du compte cette génération a pu remporter deux CAN féminines.

Vous êtes actuellement le président d'Akonangui FC. On vous a par le passé connu comme président de The Panthers. Pourquoi ce changement ?

Oui en effet. Je suis le fondateur de l'équipe The Panthers, il y a plus de 20 ans. Avec cette équipe, j'ai remporté plusieurs titres de champions de Guinée Equatoriale et participé à des coupes interclubs continentales. Et c'est fort de cette expérience que j'ai été approché par les responsables d'Akonangui FC, qui ont souhaité que je leur apporte mon expertise. Et ça paye puisque nous sommes vainqueurs de la phase aller du championnat, ce qui signifie que nous sommes sur la bonne lancée pour remporter le titre cette année. Plus que onze matches donc, et le tour est joué. J'ai dû laisser mon équipe de cœur, à d'autres personnes parce que mon objectif est de redonner le plaisir de jouer au football en Guinée Equatoriale.

Comment voyez-vous l'avenir des équipes africaines à la coupe du monde ?

Je crois que si en Afrique, nous mettons l'accent sur la formation au niveau footballistique, que les fédérations nationales s'organisent mieux, qu'elles soient bien structurées, dans moins de 10 ans, une équipe africaine remportera la coupe du monde. Et c'est mon rêve, avant que je ne passe le fusil à gauche. Nous avons des joueurs très talentueux et ce sont eux qui font la fierté des meilleurs clubs du monde. Il suffit que nous sachions faire usage de ce talent et vous verrez le résultat.

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