Tunisie: Autour d'un art puissant et salvateur

29 Mars 2019

La cérémonie a débuté avec la lecture par la comédienne Jamila Chihi du message de la Journée mondiale du Théâtre écrit cette année par Carlos Celdrán, metteur en scène, dramaturge, professeur de théâtre, et universitaire cubain et traduit à l'arabe par l'Algérien Sofien Attia.

Une lecture attachante et ô combien chargée de métaphores sur le rôle dévolu, aujourd'hui, au Théâtre en tant que force de changement mais aussi sur les conditions du dramaturge confronté qu'il est à la fugacité de la vie et à la fragilité de l'existence.

Lors de la lecture de ce texte, Jamila Chihi était accompagnée du violon et d'une performance chorégraphique exécutée par une jeune danseuse.

La scène a été par la suite prise d'assaut par des acteurs galvanisés à fond et qui se sont déchaînés par leur corps sur l'immense scène de ce théâtre, dans une gestuelle aussi bien chorégraphique que névrotique balisant les sentiers d'un voyage improbable à travers le quotidien d'une Tunisie qui se cherche encore après les convulsions qui ont changé le cours de son histoire. La pièce se déroule, au départ, dans un hôpital où les membres d'une famille éclatée se retrouvent au chevet d'un malade qui a tenté de mettre fin à ses jours. A travers cette rencontre ce sont toutes les contradictions d'une société qui ont été mises à nu à travers une confrontation entre une militante des droits de l'homme et son époux, un intellectuel et ex-doyen, d'une part, et celle d'une femme accompagnée de sa fille, toutes les deux résidentes à l'étranger, et qui garde encore les stigmates d'une grande douleur suite à la mort violente de son fils transformé en bombe humaine. L'histoire de ces deux familles est un prétexte pour interroger une société en effervescence avec une critique acerbe du rôle de l'élite qui peine dans cette pièce à aller jusqu'au bout de ses idéaux. Le suicide de l'enfant du doyen et son épouse militante est en quelques sorte l'échec d'une élite, en dépit de son engagement sincère.

Avec une mise en scène minimaliste et quasi intimiste avec des accessoires inexistants, le metteur en scène a réussi à plonger le public dans un univers de déchirement que les effets sonores ne font qu'accentuer.

Cette pièce est interprétée par Jamel Sessi , Amel Karray, Alaeddine Chouiref, Intissar Issaoui, Fatma Abada d'après un texte de Abdelwahab Mlaouah, une collaboration à l'écriture de Jlidi Laouini, avec Youssef Mars (assistant à la mise en scène), Youssef Miled (Régie lumières), Lotfi Mouaouia (Régie son), Abesslam Jemal (Régie costumes) et Ines Achour comme (Direction de production).

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