2 Avril 2019

Comores: Elections - La Cour suprême confirme la victoire d'Azali Assoumani

Aux Comores, le président Azali est officiellement réélu. La Cour suprême vient de confirmer la victoire du chef de l'État, déjà annoncée par la Commission électorale il y a quelques jours. Les juges n'ont apporté que des modifications à la marge dans les chiffres.

Le président Azali est réélu avec 59,05% des voix. Soit environ 1,5 point de moins que les chiffres provisoires donnés par la Commission électorale, il y a quelques jours. Deuxième, Mahamoud Ahamada, le candidat soutenu par le parti Juwa, qui améliore légèrement son score, un point seulement, pour terminer avec 15,7%. Les 11 autres candidats sont loin derrière, à 5% et en dessous.

Toutefois, 16 600 bulletins ont été annulés. Les juges ont noté des différences entre le nombre d'inscrits et le nombre de votes, des défauts de mentions, des absences de signatures et des bureaux saccagés. Au final, les chiffres de 90 bureaux sur 731 ne sont jamais arrivés suite notamment aux violences qui avaient éclaté le jour de la présidentielle. Des électeurs avaient dit avoir vu des urnes arriver bourrées de bulletins préremplis.

La majorité en tout cas se dit satisfaite. « C'est la récompense du travail accompli. Les gens croient en notre projet de faire des Comores un pays émergent en 2030 », a réagi Houmed Msaidié, directeur de campagne du président Azali. La majorité estime que la page est tournée, qu'il faut aller de l'avant. Mais les opposants ne devraient pas l'entendre de cette oreille.

Contestation attendue de l'opposition

On attend une réaction officielle du Conseil national de transition, créé par des membres d'opposition, qui conteste l'ensemble de ce processus électoral et ne reconnaît plus le pouvoir. Le CNT avait de toute façon annoncé qu'il ne validerait pas ces chiffres et il avait promis de lancer une campagne de désobéissance civile dans la rue. On attend de voir comment cette opération sera organisée et quand.

En attendant, le ministre de l'Intérieur a promis que ceux qui violeraient la loi et fomenteraient des troubles seraient punis. Un avertissement ferme. On se souvient que la manifestation des 12 candidats d'opposition avait été dispersée à coups de gaz lacrymogènes. Plusieurs avaient été arrêtés et certains hospitalisés. Le président du CNT est d'ailleurs toujours en prison.

Une enquête est ouverte et le gouvernement accuse l'organisation d'avoir lancé des appels à la violence, à l'insurrection, à la rébellion. Il promet des poursuites judiciaires contre ce qu'il considère comme un groupe criminel. La majorité refuse en effet tout dialogue avec le CNT. Les opposants eux accusent le pouvoir de dérive dictatoriale et déclarent s'attendre à être arrêtés à tout moment. La crise n'est donc peut-être pas finie.

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