3 Avril 2019

Congo-Kinshasa: Travaux publics - Nécessité de coordination entre les services techniques

Le mois de mars a été éprouvant, et riche en évènements environnementaux et sociopolitiques. Mais c'est dans le secteur du climat que le mois dernier a enregistré des dégâts énormes et dévastateurs au niveau de l'environnement, des secteurs agropastoraux et des infrastructures industrielles, commerciales, économiques. L'habitat, les animaux domestiques et même sauvages en ont eu pour leurs comptes.

La ville-province de Kinshasa, peuplée d'au moins 12 millions d'habitants, a payé le tribut plus lourd en termes de destruction des habitations et des infrastructures routières. Le degré le plus élevé des précipitations a provoqué des érosions inhabituelles surtout du fait d'innombrables constructions anarchiques ayant élu domicile dans cette mégapole jadis appelée par les nostalgiques sous le vocable de « Kin la belle ». On ne comptera pas le nombre des morts suite aux débordements des rivières et autres cours d'eaux. Dieu merci ! On n'a pas encore atteint le niveau de cataclysme comme dans les Etats de l'Extrême-Orient avec les indicibles Tsunami de triste mémoire qui ont ravagé les Iles Philippines, Vietnam, Cambodge et Malaisie. Avec le triste bilan de 300.000 morts, de nombreuses villes côtières totalement disparues car englouties dans les marées énormes.

Les intempéries des dernières semaines ont provoqué des dégâts énormes au niveau des infrastructures routières, environnementales et de l'habitat. Le plus étonnant, c'est que ces pluies torrentielles tombent souvent durant la nuit et parfois jusqu'au petit matin. Que des familles modestes n'ont-elles pas été surprises des violents éboulements de terrain et autres érosions puis sauvées grâce aux voisins ou des gens de bonne volonté accourus pour dégager des enfants en bas âge, des femmes et des vieilles personnes.

Menace sur les grands travaux de Fatshi

L'ironie du sort et le hasard de l'histoire ont fait que c'est juste au moment où le chef de l'Etat vient de lancer le programme ambitieux des grands travaux de la reconstruction des infrastructures routières et sociales que le ciel a choisi pour déverser des pluies torrentielles sur la ville-province. Dieu merci, jusque-là des dégâts matériels ne sont pas énormes et peuvent être corrigés le plus vite possible. Néanmoins, cela a un coût sur le plan financier et le confort des congolais qui commençaient à applaudir pour pouvoir rouler ou emprunter les avenues principales et boulevards sans anicroches ni devoir choisir les trous comme il y a 18 ans. Le régime décadent n'y avait jamais songé et se contentait de rabattre les oreilles des Congolais avec des messages ronflants mais vides et improductifs de la révolution de la modernité.

D'autres dégâts énormes ont été signalés sur la route de Matadi sur son tronçon reliant le centre médical de la DGC au Centre de formation de la Regideso situé juste à côté du Camp Tshasthi, provoquant des embouteillages énormes vécus le dimanche dernier sur l'avenue Mondjiba jusqu'à son croisement avec la route de Matadi à l'entrée du quartier Binza Delvaux.

Que faire ?

Comme le dit un adage : gouverner, c'est prévoir. Les Etats modernes disposent des structures de secours en cas de cataclysme et catastrophes naturelles. Le budget de la République prévoit toujours des chapitres consacrés aux catastrophes naturelles à travers certains ministères dont la santé, l'environnement, les travaux publics, les transports et communications, etc., particulièrement au sein de l'Office des Voiries et Drainages et de l'Office des Routes.

Coordination entre les différents services techniques d'intervention

Il y a nécessité de coordination entre les différents services d'intervention pour éviter des chevauchements inutiles et couteux. Là où les services techniques de la Regideso sont intervenus pour construire des conduites d'eau, les autres organes techniques d'intervention devraient être associés tout au long de ces travaux pour ne pas provoquer des embouteillages. Outre la Regideso et la Snel, l'on signale les autres services techniques des travaux publics comme l'OVD l'Office des Voiries et Drainages et le Bureau d'Etudes et d'aménagement Urbain ou le BEAU. Celui-ci est chargé des études et de l'aménagement urbain. Car, il bénéficie de la présence en son sein d'éminents experts en travaux publics et aménagement urbain.

Ce bureau constitue non seulement un laboratoire en génie civil mais aussi d'une bibliothèque où sont conservés les multiples et divers plans et cartographies sur les différents sites urbains des villes de la République. Ingénieurs en génie civil, architectes, mécaniciens, paysagistes, chimistes, géographes, agronomes et autres experts attitrés y travaillent nuit et jour sur tous les aspects concernant les probables catastrophes naturelles et les stratégies adéquates en cas de sinistres. Les deux organismes techniques, à savoir l'Office des Voiries et Drainages ainsi que l'Office des Routes sont dotés des infrastructures modernes pour intervenir à tout moment. On vient de le vivre avec les éboulements au niveau de Binza UPN, du centre de la formation de la Régideso et au quartier Mitendi sur la route de Matadi.

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