Sénégal: Meïssa Babou - «Macky Sall doit savoir ou se trouvent les priorités»

L'économiste Meïssa Babou, non moins enseignant à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, analysant le discours prononcé hier, mardi, par le chef de l'Etat après son investiture, a invité celui-ci dans l'exercice de son quinquennat à prioriser ses actions infrastructurelles.

«Nous ne sommes pas foncièrement contre les actions du chef de l'Etat. Nous ne bottons pas tous en touche. Ce que nous demandons, c'est de faire la part des choses. Autrement dit, savoir où se trouvent les priorités».

Se voulant précis, il fera remarquer ceci: «Je suis à Touba et ici tout comme à Mbacké, il y a de l'eau, mais pas consommable. Les gens continuent d'acheter de l'eau. Et pendant ce temps, l'on nous construit une autoroute de plus de 400 milliards».

Poursuivant son analyse, il dit n'avoir pas compris le désordre prioritaire constaté dans son septennat, notamment au plan sanitaire et éducatif.

«Aujourd'hui, il y a un manque criant d'infrastructures de santé dans ce pays, soit il n'y en a pas du tout, soit ce sont des infrastructures physiques sans équipements, e/ou sans personnel.

Il en est de même au plan éducatif où on note quelques 70 000 étudiants en errance entre les universités virtuelles et autres écoles privées ou instituts de formation privés.

Et au même moment, l'on construit un Train Express régional de plus de 1000 milliards». Précisément à ce volet éducatif, il souhaite que le quart du budget de l'Etat soit alloué à l'éducation parce que les bailleurs n’investissent pas dans le secteur de l'éducation au motif que «cela prend du temps, 15 à 20 ans, voire plus pour commencer à avoir retour sur investissement. Or, dans les infrastructures aussitôt construites, aussitôt après commence le retour sur investissement».

Toujours, selon l'économiste, les Sénégalais sont fatigués avec les corollaires du quotidien, notamment la cherté des factures d'électricité, d'eau...

Pis, déplore-t-il, «Il y a 3 ans en arrière, l'on nous parlait d'autosuffisance en riz, mais à ce jour tout semble mis aux oubliettes. C'est cela que le gouvernement doit prioriser et mettre en œuvre pour aider le président à rester dans les annales».

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