Cote d'Ivoire: Affaire 18.000 tonnes de riz avarié au Port d'Abidjan - La cargaison est bel et bien sous scellés

Les Ivoiriens peuvent dormir tranquille. Ils ne courent aucun risque de voir dans leurs assiettes un gramme des 18.000 tonnes de riz avarié stockées au Port autonome d'Abidjan. Contrairement à la rumeur qui fait croire qu'une partie du riz s'est retrouvée sur le marché, la cargaison est bel et bien dans les entrepôts de la douane au port. Et sous scellés !

A souligné le ministre du Commerce dans un communiqué publié le week-end dernier. Depuis le déclenchement de cette affaire, le ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Promotion des PME ne cesse de jouer la carte de la transparence.

Déjà le 19 mars dernier, il a organisé une visite dans les entrepôts de la douane pour montrer aux associations de consommateurs que le riz est stocké dans un endroit sécurisé en attendant les résultats des tests effectués pour déterminer leur qualité.

Au nombre de ces organisations, se trouvaient l'Association de protection des consommateurs actifs de Côte d'Ivoire représentée par son premier responsable Soumahoro Ben N'falyetla Confédération des organisations de consommateurs de Côte d'Ivoire avec son président JeanBaptisteKoffi.« Les produits sont sous contrôle de l'administration.

Les tests sont en cours. Si les produits ne sont pas bons, ils seront détruits. Nous tenons à rassurer l'ensemble des consommateurs que l'Etat ivoirien a pris toutes les dispositions pour notre protection », avait confirmé, JeanBaptisteKoffiau sortir de la visite.Toujours dans ce souci de transparence, le ministère a révélé, dans un communiqué publié le 30 mars dernier,les résultats des analyses des échantillons.

Analyses qui ont montré la non-conformité des 18.000 tonnes de riz d'origine birmane à la norme ivoirienne Codex Stan 198-1995 rendu obligatoire par le décret n°2016- 1152.Toute chose qui a amené le ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Promotion des PME, Souleymane Diarrassoubaà déclencher la procédure de destruction.

La cargaison sera détruite a confirmé, hier au téléphone, Edwige Hardmong, directrice de communication du ministère du Commerce.

« Il est évident que compte tenu de l'énorme quantité des produits (18.000 tonnes), la destruction ne se fera pas du jour au lendemain. Nous sommes en train de mener les études qui prennent en compte l'impact environnemental, la santé des populations... avant de procéder à la destruction de la cargaison.

Cela se fera dans la plus grande transparence », a-t-elle rassuré. Pas de faille au niveau du VOC Autre rumeur qui intoxique les Ivoiriens dans cette affaire, c'est la supposée faille du programme de vérification de la conformité des marchandises à destination de la Côte d'Ivoire (VOC).

Ce programme, instauré par le président de la République Alassane Ouattara, en septembre 2016, viseà vérifier la qualité et l'authenticité des marchandises à destination de la Côte d'Ivoire. Après une période de sensibilisation des opérateurs, la phase pilote a débuté le 16 juillet 2018 pour une période de trois mois.

Mais le programme a été suspendu le 10 octobre 2018. Selon un communiqué publié par le ministère du Commerce, cettedécision fait suite à la volonté du gouvernement de prendre en compte les contraintes du dernier trimestre de l'année se caractérisant par les pressions de la nécessité d'approvisionnement du marché et de l'atteinte des objectifs de recettes de l'Etat et du secteur privé. Ce n'est que depuis le 15 février 2019 que le VOC est à nouveau en vigueur.

Or entre-temps, les opérateurs économiques ont eu le temps d'importer leurs marchandises sans passer par le contrôle du VOC.

Comme ce fut le cas du navire Océan Princess qui a chargé une partie de sa cargaison du 20 août 2018 au 14 septembre 2018 au port de Yangon-Myamar (Birmanie). Du 16 septembre 2018 au 11 octobre 2018, il était au port de Kakinada (Inde) pour charger du riz.

Du 10 novembre 2018 au 2 décembre 2018, le navire est arrivé au port de Guinée Conakry où il a déchargé une partie de sa cargaison. Du 22 décembre 2018 au 22 janvier 2019, il a mouillé au port de Lomé. Aucune opération n'y a été enregistrée.

Le 1er mars 2019, au port de Tema (Ghana), le navire a été inspecté par Intertek (une multinationale d'inspection, de tests physiques et de certification). Il a enfin déchargé sa cargaison au port d'Abidjan du 11 au 18 mars 2019.

« Il faut retenir que débarquer le produit en Côte d'Ivoire ne veut pas forcément dire qu'il sera consommé ici. Si le produit est impropre à la consommation, il sera simplement détruit », a indiqué le directeur général du Commerce extérieur, Kaladji Fadiga, aux associations de consommateurs le 19 mars dernier.

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