Tunisie: Quels candidats, pour quel destin ?

3 Avril 2019

Mais, un fait historique montre tout de même que ces considérations restent soit relatives soit conditionnelles. Car, lorsqu'il s'est agi de passer avec Béji Caïd Essebsi un accord global à but stratégique dont Paris a été le théâtre, et Slim Riahi l'un des témoins, Rached Ghannouchi avait accouru.

L'accord stratégique en question personne n'en a gardé une «copie», encore moins «l'original».

Mais il est clair, de par le déroulement des événements, sur toutes ces années que l'objet en était un partage du pouvoir doublé d'un consensus général, sur la base d'un véritable équilibre entre les forces modernistes et les forces conservatrices. Quels que devaient être les moyens pouvant conduire à la concrétisation des rapports de force utiles.

D'abord, le sit-in du Bardo

Il serait trop aisé de vouloir agencer, à la date d'aujourd'hui, les événements qui ont concouru à concrétiser la course à l'équilibre et les manœuvres «politiciennes» ayant permis, à chaque alerte, de ramener les uns ou les autres «à la raison». Il importe, cependant, de comprendre que la négociation, publique ou discrète, ainsi que le dosage des moyens et recours n'ont jamais échappé au bon sens ou à l'impératif de l'intérêt national bien compris. Y compris par un concours de haut niveau à des ressources internationales.

Lorsque Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste, a, récemment révélé, que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, «pourrait être le candidat d'Ennahdha» lors de l'élection présidentielle prévue en novembre prochain, saluant au passage l'appel du président de la République, Béji Caïd Essebsi, à l'union nationale à l'occasion de son discours du 20 mars, il était essentiel que cela soit mis en rapport avec son intention de ne pas être candidat à la présidentielle.

Et Ghannouchi de préciser que les « calculs politiques d'aujourd'hui ne permettent pas à un membre d'Ennahdha de présenter sa candidature à la présidentielle ».

La victoire de BCE en 2014

La victoire de BCE en 2014, conséquente à son appel historique du 26 janvier 2012, devenu «Nida Tounès», s'inscrit dans cette recherche d'équilibre convenu par les deux seniors à Paris.

Aujourd'hui se pose aux acteurs majeurs de la scène nationale ainsi qu'aux forces d'appoint de concourir à faire perdurer l'élan si essentiel de la transition démocratique. Au moment même où il s'avère crucial d'accompagner les convergences historiques négociées qui émergent en Libye et plus spectaculairement en Algérie, afin d'accorder à ce moment très spécial les conditions nécessaires à son éclosion.

La politique n'est pas une science exacte, mais elle ne peut échapper à l'étreinte des multiples considérations, rapports de force et moments historiques qui l'accompagnent. Aucune alliance, aucune rupture, aucune décision stratégique ne peut prétendre échapper à ce déterminisme spectaculaire dont personne ne contrôle le timing. Celui où l'histoire reprend ses pleins droits.

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