3 Avril 2019

Afrique: Réchauffement climatique - Les impacts s'accélèrent

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié, il y a une semaine, son vingt-cinquième rapport sur l'état du climat dans le monde, soulignant que les conséquences physiques et économiques du réchauffement climatique s'accélèrent et qu' "il n'est plus temps de tergiverser".

Le sécretaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), faisait déjà un constat peu rassurant. Les émissions de CO2 liées à l'énergie ont continué d'augmenter en 2018.

Le dernier rapport de l'OMM n'est pas non plus encourageant. Selon les experts, les niveaux record de gaz à effet de serre font grimper les températures à "des niveaux préoccupants"'. Le rapport de l'OMM de 1993 estimait un niveau de CO2 dans l'atmosphère de 357 parties par million (ppm). Il est passé à 405,5 ppm en 2017 et devrait encore augmenter. Cela impacte de plus en plus fortement les températures mondiales. Ainsi, 2018 a été la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée avec des températures de 1 °C au-dessus des moyennes de la période 1850-1900.

D'autres indicateurs sont également dans le rouge. En 2018, les océans ont battu des records de chaleur, "pulvérisant ceux déjà établis en 2017". De quoi craindre pour la biodiversité marine. Car l'acidification du milieu s'accélère aussi. Au-delà, le niveau de la mer a augmenté de 3,7 millimètres. Avec des craintes relatives à la population vivant dans les zones côtières.

En 2018, l'étendue des glaces de mer arctiques était proche des plus faibles jamais observées. Lors d'une intervention à New York, la semaine dernière, Antonio Guterres a appelé les dirigeants du monde à venir au "sommet sur l'action climatique " de septembre 2019, "avec un plan et pas avec des discours ".

Le rapport de l'OMM dresse aussi le bilan des impacts du réchauffement climatique sur le plan humain et économique. En 2018, près de soixante-deux millions de personnes ont été victimes d'un événement climatique extrême. Aux États-Unis, quatorze catastrophes ont coûté chacune plus d'un milliard de dollars. Et en Europe, au Japon et aux États-Unis, les vagues de chaleur et les feux ont été à l'origine de plus de mille six cents morts.

En Afrique, on observe également des événements météorologiques pareils. Le cyclone tropical Idai, par exemple, a provoqué des inondations dévastatrices au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi. Il pourrait s'agir de l'une des catastrophes climatiques les plus meurtrières ayant touché l'hémisphère Sud.

La faim qui semblait avoir durablement reculé est repartie à la hausse. En 2017, ils étaient quelque huit cent vingt millions à souffrir de sous-alimentation, à cause des sécheresses liées au phénomène El Niño de 2015-2016. Et ce sont plus de deux millions de personnes qui se sont déplacées à l'intérieur de leur propre pays pour des raisons climatiques, par des inondations ou des sécheresses.

Les scientifiques amenés à revoir l'évaluation des risques

Plusieurs conséquences du réchauffement climatique en cours s'avèrent bien plus critiques que ce qui avait été prévu à l'origine, amenant les scientifiques à revoir l'évaluation des risques. Les risques d'impacts négatifs liés au changement climatique sont plus élevés que ce qui avait été estimé, il y a quelques années. Des risques n'ont cessé d'accroître. De nombreux écosystèmes comme les récifs coralliens ou les glaciers se sont avérés beaucoup plus sensibles au réchauffement et à l'augmentation de la concentration de CO2 que ce qui avait été anticipé par le troisième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat en 2001.

Pour conclure, il est de plus en plus évident que même les plus légères augmentations de la température moyenne au-dessus des valeurs de 1990 peuvent dérégler le système climatique dans son ensemble, avec le risque d'incidences très importantes et de multiples conséquences irréversibles sur l'environnement. La recrudescence des ouragans, des incendies, les vagues successives de sécheresses et les canicules en nette augmentation depuis le début de la décennie entraînent déjà des dégâts et des pertes humaines bien plus importants qu'au cours de périodes identiques lors du dernier siècle.

Selon le rapport, il y a nécessité absolue de limiter le réchauffement climatique à deux degrés par rapport aux moyennes de 1990 sous peine de modifications climatiques graves et irréversibles. Pour Stephen Schneider, climatologue à l'université de Stanford, en Californie, il serait dramatique que la conférence sur le changement climatique, organisée par les Nations unies à Copenhague à la fin de cette année, ne tienne pas compte des nouveaux paramètres. En février dernier, un rapport de la Carnegie institution avertissait que l'accumulation beaucoup plus rapide que prévu des gaz à effet de serre dans l'atmosphère augmente le risque d'un changement climatique irréversible d'ici à la fin du siècle.

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