4 Avril 2019

Burundi: Des experts de l'ONU demandent la libération du défenseur des droits de l'homme, Germain Rukuki

Trois experts des droits de l'homme de l'ONU ont exhorté jeudi le gouvernement du Burundi à libérer immédiatement le défenseur des droits de l'homme Germain Rukuki, dont le cas est en attente d'une décision de la Cour d'appel de Bujumbura.

« Les accusations portées contre Germain Rukuki n'ont aucun fondement et servent de prétexte pour le faire taire et criminaliser son travail en faveur des droits de l'homme », ont déclaré dans un communiqué le Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, Clément Nyaletsossi Voule; le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Michel Forst; et le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, David Kaye.

L'accusation n'a présenté pratiquement aucune preuve contre lui.

M. Rukuki, un militant reconnu engagé dans des manifestations pacifiques et de dissidence, a été reconnu coupable et condamné à 32 ans d'emprisonnement en avril 2018, notamment pour rébellion et atteinte à la sécurité de l'État.

Il est en détention depuis son arrestation en juillet 2017.

« Nous appelons le Gouvernement à le libérer immédiatement et à permettre à tous les défenseurs des droits de l'homme au Burundi de mener à bien leur travail vital », ont ajouté les Rapporteurs onusiens.

Bien qu'une décision sur l'appel de M. Rukuki, déposé en novembre 2018, aurait dû être rendue dans un délai de 30 jours, son cas reste en instance.

Selon les experts, le retard serait lié, en partie, à la perte alléguée de son dossier.

Le procès de M. Rukuki aurait été entaché d'autres irrégularités et problèmes de procédure, notamment une procédure accélérée, des procédures à huis clos et le manque d'accès de son avocat aux documents judiciaires et aux audiences.

Il est également rapporté que l'accusation n'a présenté pratiquement aucune preuve contre lui.

« La perte signalée du dossier de M. Rukuki n'est que la plus récente d'une longue série d'incidents de faute professionnelle judiciaire. Non seulement il aurait dû avoir droit à un procès équitable, mais il n'aurait pas dû être détenu en premier lieu », ont affirmé les experts.

Depuis 2015, les défenseurs et les organisations des droits humains au Burundi sont confrontés à un espace civique de plus en plus restreint et ont souvent été la cible des autorités.

En octobre 2016, l'ACAT-Burundi, organisation anti-torture pour laquelle M. Rukuki avait précédemment travaillé, a été interdite.

Les experts de l'ONU ont déjà fait part de leurs préoccupations aux autorités à deux reprises - en juillet 2017, lorsqu'il a été détenu pour la première fois, et en mai 2018, lorsqu'il a été accusé et condamné. Le Gouvernement n'a répondu à aucune de ces communications.

Burundi

Zones d'ombre autour de la mort de deux opposants

Au Burundi, la polémique enfle autour de la mort de deux hommes le 11 juillet dernier, alors qu'ils… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: UN News

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.