Tunisie: Quand le chaos s'installe au Parlement

5 Avril 2019

Chroniques d'une journée tendue

10h00 à l'hémicycle de l'ARP. L'équipe gouvernementale prend place en l'absence du chef du gouvernement. Le hall de réception est squatté par les agents et les fonctionnaires administratifs du Parlement revendiquant l'activation de l'accord conclu en 2018 avec la présidence de l'ARP qui leur ouvre droit à une prime spécifique.

Entretemps, le bureau du Parlement tient une réunion au cours de laquelle le président de l'ARP, M. Mohamed Ennaceur, ainsi que le chef du gouvernement M. Youssef Chahed, ont mené des négociations avec des représentants syndicalistes du Parlement en présence de députés de différents blocs.

Après plus de trois heures de pourparlers, le secrétaire général du syndicat de base du parlement, Abdelbasset Hasnaoui, annonce le dénouement. Au terme des négociations entre les présidents des divers blocs parlementaires sur un éventuel report de la séance plénière, le chef du gouvernement gagne l'hémicycle. Tout en saluant les efforts du chef du gouvernement, le président de l'ARP annonce l'engagement des deux présidences à appliquer les dispositions de l'accord, vendredi prochain au plus tard.

Alors que le chef du gouvernement s'apprêtait à prononcer son discours, tant attendu par l'opinion publique, des voix de protestation s'élèvent.

Des députés appellent à l'ouverture d'une enquête

Des membres du syndicat Ijaba entrent dans l'hémicycle et perturbent la marche des travaux parlementaires. «Nous sommes des professeurs universitaires», ne cesse de répéter l'une des syndicalistes présents.

L'équipe gouvernementale, les députés et les agents de l'ARP sont surpris par cette intrusion, la tension et le chaos s'installent. M. Youssef Chahed ainsi que toute l'équipe ministérielle quittent l'hémicycle en guise d'opposition au désordre qui régnait lors de la séance.

Après leur réunion en huis clos, les députés des deux blocs parlementaires, à savoir la Coalition nationale et Machrou Tounès, ont tenu un point de presse au cours duquel les présidents des deux blocs ont mis en garde contre la gravité des incidents successifs qui ont entravé la tenue de la séance. Ils ont également appelé la présidence de l'ARP à ouvrir une enquête et déterminer les responsabilités. «Ce qui s'est passé aujourd'hui au Parlement est une première. Nous soutenons l'action syndicale. Mais ce qui s'est passé aujourd'hui constitue une transgression de la loi, en l'occurrence le règlement intérieur de l'ARP. Le chef du gouvernement ne peut pas travailler dans un climat tendu. Il est plus que probable que l'intervention qui a eu lieu a été fomentée au préalable. Ce désordre menace la démocratie incarnée par le respect des institutions de l'Etat», a déclaré Mustapha Ben Ahmed, chef de la Coalition nationale.

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