5 Avril 2019

Togo: Boukpessi annonce une révision des listes électorales de 3 jours

Ceci n'est qu'une déduction des détails du ministre de l'Administration territoriale, Payadowa Boukpessi, dans les colonnes de nos confrères de Togo Presse. Pour le membre du gouvernement qui se soumettait à l'exercice d'interview, la mise en place de la nouvelle CENI est "le premier signal fort pour montrer que tout est prêt", pour aller aux élections législatives.

Sur les différentes inquiétudes quand à la fiabilité de la liste électorale qui ne comporterait pas des électeurs ou militants des partis de l'opposition qui avaient boycotté les élections législatives de Décembre 2018, le ministre Boukpessi a fait savoir que "suite à la demande formulée par la délégation de la coalition des partis politiques de l'opposition qui a été reçue par le chef de l'Etat, le 20 mars dernier, nous (lui, en sa qualité de ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, ndlr), avons été formellement instruits de saisir la CENI, afin qu'elle envisage effectivement d'organiser une révision des listes électorales à l'occasion des locales. Ce sera, probablement, pour une période de trois jours comme on l'a fait déjà en 2018. Comme les listes sont récentes, nous supposons qu'il y aura certainement très peu de nouveaux inscrits. La CENI déterminera les modalités pratiques dans ce sens.

Et de préciser que la CENI aura à déterminer les modalités pratiques d'organisation de cette révision des listes électorales.

Voici un extrait de cette interview...

Le Togo est-il réellement prêt, aujourd'hui, pour aller à ces élections ?

L'organisation des élections locales comporte évidemment quelques défis qu'il faudra relever pour que ça marche. Le gouvernement s'est engagé à relever ces défis, notamment les instruments juridiques, les transferts de compétences qui sont déjà faits à travers l'adoption d'une loi définissant clairement les compétences et la progressivité des transferts de ces compétences. Ceci était nécessaire, pour permettre au gouvernement de transférer les compétences, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé, du commerce, etc. à des niveaux raisonnables.

Le défi suivant est le transfert des ressources correspondantes. Parce que si on dit, par exemple, aux collectivités de construire les écoles primaires, il faut leur donner les moyens de le faire. Défi que le gouvernement s'est également engagé à relever sans difficulté.

Il y a des défis concernant les capacités de fonctionnement de ces communes. En effet, on ne va plus fonctionner comme aujourd'hui. Il faut que les communes aient les moyens en ressources humaines pour fonctionner. Le gouvernement s'est aussi engagé dans cette voie. Il faut résoudre l'équation du nombre et des compétences en matière de ressources humaines. Pour ce faire, le gouvernement s'est engagé à mettre à la disposition des 117 communes des secrétaires généraux, qui vont aider les conseillers municipaux à s'organiser.

Mais au-delà des transferts de ressources correspondantes, il faut des appuis au financement, à travers le Fonds d'Appui aux Collectivités Territoriales (FACT) qui sera alimenté par l'Etat et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Ce fonds sera réparti entre les collectivités territoriales pour leur fonctionnement et, surtout, pour les investissements qu'ils auront à réaliser. Il y a, dans le même temps, un défi colossal qui consiste à mettre à la disposition des collectivités les infrastructures pour fonctionner. Dans ce cadre, nous sommes en partenariat avec certains Partenaires Techniques et Financiers (PTF), notamment l'Allemagne, l'UE et autres. Ils se sont engagés à s'inscrire dans la logique de nous aider à mettre ces infrastructures à la disposition des différentes collectivités locales, suivant un programme qui sera défini avec eux.

Par conséquent, tout est prêt pour aller, aujourd'hui, aux élections locales. Le premier signal fort pour montrer que tout est prêt, c'est la nouvelle CENI, qui vient d'être mise en place. Elle va dérouler son chronogramme et nous serons au courant des dates. Mais je pense que ce sera dans quelques mois, probablement, avant la fin du premier semestre. D'un autre côté, les listes sont là. Ce sera également un scrutin à listes comme l'a prévu le Code électoral.

Qu'en est-t-il au plan politique ?

J'ai reçu des partis politiques récemment, qui m'ont fait part de certaines préoccupations, par rapport à une nouvelle révision des listes électorales. A ce niveau, il faut rappeler que la dernière révision date, seulement de novembre 2018. Le Code électoral n'impose pas de faire une nouvelle révision pour les locales, parce qu'elles n'étaient pas prévues d'avance. Ne perdons pas de vue que dans quelques mois il faudra également faire des révisions électorales pour l'élection présidentielle de 2020.

Donc, dans ce schéma, il y a des difficultés pour le gouvernement de l'envisager. Mais, après compte rendu à l'autorité suprême, et suite à la demande formulée par la délégation de la coalition des partis politiques de l'opposition qui a été reçue par le chef de l'Etat, le 20 mars dernier, nous avons été formellement instruits de saisir la CENI, afin qu'elle envisage effectivement d'organiser une révision des listes électorales à l'occasion des locales. Ce sera, probablement, pour une période de trois jours comme on l'a fait déjà en 2018. Comme les listes sont récentes, nous supposons qu'il y aura certainement très peu de nouveaux inscrits. La CENI déterminera les modalités pratiques dans ce sens. S'il y a quelques difficultés, on pourra proroger le délai.

Dans une certaine mesure, on connaît le potentiel électoral de 2015, on peut déjà, faire des extrapolations pour 2019. Car, si on connaît le chiffre de 2019 et combien ont été déjà enregistrés en 2018, il suffira de faire la différence. Avec le nombre de kits, dont nous disposons, on sait combien nous enrôlons par jour, donc, trois jours seront suffisants pour cette opération. Néanmoins, s'il y a des difficultés, parce que c'est une histoire de machines, nous aviserons. Ce sont des doléances auxquelles le chef de l'Etat a apporté des réponses appropriées.

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