Tunisie: La faute à qui ?

6 Avril 2019

Nous ne sommes pas à un constat près: la constance et la régularité ont été souvent le maillon faible de l'équipe de Tunisie. On aurait aimé que son évolution résulte d'effets conjugués : inspirations tactiques appropriées, stratégies bien pensées, gouvernance bien réfléchie. Et c'est précisément en l'absence de tout cela qu'elle s'est trouvée la plupart du temps incapable de revoir les paramètres de sa vie sportive, notamment en termes de certitudes, de convictions et de potentiel humain. D'une certaine culture footballistique, de la durée et de la persévérance.

On peut longuement discourir sur la situation de la sélection. Sur le rendement de ses joueurs, sur leurs aptitudes. En quelques mots sur son avenir sous la conduite de Giresse. Elle vit aujourd'hui l'un des moments les plus importants de son histoire, notamment avec l'impératif de renverser une trajectoire déclinante.

Il s'agit de remettre les véritables problèmes au centre des débats. Ne plus se cacher derrière les faux alibis, les faux discours, les arguments erronés.

Le sélectionneur aurait toujours besoin d'un dispositif assez fort pour souder des individualités en un ensemble. L'idée est là: l'avenir de la sélection dépend des joueurs capables d'aspirer à un football de haut niveau. Cela implique des valeurs, une culture de jeu et de la gagne.

Parfois, les difficultés permettent d'avancer. Serait-ce le cas de l'équipe de Tunisie ? Entre l'essentiel et l'accessoire, la manière d'alterner temps de jeu, formules et raisonnement, les défaillances ne manquent pas de surgir. De persister. Les manquements et les insuffisances aussi. Les aptitudes des uns et des autres, les mauvais choix et les motivations déplacées sont essentiellement dus à un fort mauvais usage de la notion du jeu et de la compétitivité. Tout cela sans parler de la pérennité d'un système de jeu et des considérations techniques qui ne semblent pas évoluer.

La situation actuelle suscite davantage de détermination pour voir l'avenir autrement. Il faut dire que rien n'est tout à fait simple pour une sélection qui devrait s'habituer à ne plus se contenter de jouer les seconds rôles. Une sélection qui devrait s'imposer face aux exigences du haut niveau.

La présence de Giresse à la tête de l'équipe devrait appuyer l'idée d'un football sensible à la solidarité, à la solidité et à la détermination. On reconnaît ici l'impératif d'une mobilisation à toute épreuve et d'une adhésion inconditionnelle à tout ce qu'il y a de mieux. Pour certains, le résultat peut importer plus que la manière. Mais on ne se résout pas à parler de résultat sans se soucier de cette impression forte destinée à développer le jeu, à donner libre cours à l'inspiration. Pendant des années, et sous la direction d'entraîneurs issus de différentes écoles de football, la sélection s'est longuement égarée. Elle ne manque certes pas de vécu, mais elle s'en était rarement assumée dans la peau d'une équipe capable de faire et d'imposer le jeu. La faute à qui? A tous, c'est-à-dire entraîneurs, joueurs et, au-delà de tout cela, direction technique et clubs. Une responsabilité partagée et souvent aléatoire.

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