Rwanda: Le génocide dans les archives sonores de RFI

Photo: Sidwaya
Le président rwandais, Paul Kagame, et son épouse, en compagnie de Moussa Fakir Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont rallumé en milieu de matinée d’hier dimanche, la flamme du souvenir. Cette flamme du souvenir restera allumée pendant 100 jours au Rwanda, correspondant à la durée du génocide.

Il y a 25 ans, un génocide débutait au Rwanda. Voici quelques extraits sonores issus des archives de Radio France internationale. Ils ont été diffusés en avril 1994, au début des massacres, et témoignaient déjà de la tragédie en cours.

Le 7 avril 1994, au lendemain de l'assassinat du chef de l'État Juvénal Habyarimana, la Première ministre du Rwanda Agathe Uwilingiyimana témoigne par téléphone depuis son domicile, où elle est assiégée. Quelques heures plus tard, elle était assassinée.

On est terrorisés. On est à l'intérieur des maisons, on est couchés par terre. On ne peut pas sortir. (...) À mon avis, nous sommes en train de subir les conséquences de la mort du chef de l'État.

Dans les jours qui suivent, les massacres s'amplifient. Tous les témoins, sous le choc, tentent d'en raconter l'ampleur. Le 8 avril 1994, un médecin français joint par téléphone décrit une « situation catastrophique », l'« enfer » qui règne sur place.

Ici quand on massacre, il y a très peu de rescapés.

À ce moment-là, difficile encore d'identifier les auteurs des massacres, mais la dimension ethnique est déjà évoquée.

Jean Hélène, correspondant de RFI dans la région, est alors à Kigali où il travaille aussi pour le journal français Le Monde. Écoutez ce qu'il rapporte le 10 avril 1994, depuis l'hôtel des Mille Collines.

La morgue déborde de cadavres.

Le 23 avril 1994, Roland Sidler, délégué du CICR, présent sur place depuis une dizaine de jours, évoque sur RFI « une boucherie », « un abattoir » : « On coupe, on découpe, on mutile les gens. Les cadavres jonchent les sols. Vous pouvez en voir qui ont encore des soubresauts de vie dans la rue parce qu'ils ne sont pas complètement achevés. »

En Europe, on s'imagine des combats au canon, au fusil. Ici il faut oublier ça. C'est un combat en silence, c'est un combat à la machette.

Selon l'ONU, en quelque 100 jours ont été tués au moins 800 000 hommes, femmes et enfants, ce qui fait de ce crime de masse le génocide le plus rapide de l'histoire.

* La date du 7 avril 2014, dans les fenêtres de lecture du son, correspond à la date de première publication de ces archives sur notre site internet.

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