Tunisie: Le flou persiste

7 Avril 2019

Entretemps, les diplômés du supérieur et certains étudiants y ont vu un court-circuitage dont les conséquences pourraient les priver d'une chance d'entrer dans le secteur de l'éducation en tant qu'enseignants même s'ils n'ont pas emprunté le parcours envisagé.

C'est alors que le Mesrs a apporté ses précisions. Sa coopération avec le ministère de l'Education s'inscrit dans le cadre de la formation des formateurs pour enseigner dans les écoles, les collèges et les lycées. Les discussions seraient, toujours, en cours pour finaliser le projet en coordination avec les services concernés du secteur de l'éducation. Les travaux en cours concernent les aspects techniques de cette formation qui exigeraient des consultations avec les structures pédagogiques. Quant à l'idée de l'exclusivité du recrutement des diplômés par le ministère de l'Education, elle ne fait l'objet d'aucune entente entre les deux ministères.

Ce manque de clarté sur un tel programme laisse quelque peu dubitatif et en dit long sur la précipitation du lancement d'une initiative aussi importante. A cela s'ajoute le paradoxe de la publication du décret n° 323. Comment fera-t-on cette année avec les candidats au bac édition 2019 qui vont, peut-être, choisir cette nouvelle filière d'autant que de nombreux élèves des classes terminales aimeraient bien opter pour ce cursus ? Parviendra-t-on à se mettre d'accord et intégrer ce parcours dans le prochain guide de l'orientation 2019 ?

En attendant de résoudre cette équation, le Mesrs a donné les détails du régime des études et des examens dans la licence en éducation et en enseignement dans le système LMD. Cette décision a été prise après consultation et sur proposition des conseils scientifiques des institutions d'enseignement supérieur concernées, après délibérations des conseils des universités et après habilitation de ces conseils.

De prime abord, cette licence appliquée en éducation et en enseignement entre dans le cadre de la formation relative aux sciences humaines et sociales ainsi que la matière spécifique à cette spécialité (éducation et enseignement).

Six semestres d'études

Ces études en licence appliquée visent à doter les diplômés des savoirs et des compétences appropriées. La durée des études est de trois ans après le bac (bac+3). Elles comprennent 180 ressources réparties sur six semestres. Chaque semestre compte 14 semaines de cours et un ensemble d'unités d'apprentissage de 5 ou 6 unités totalisant 30 ressources. En principe, les détenteurs d'un bac tunisien ou d'un diplôme étranger équivalent peuvent s'inscrire dans cette filière

Il faut préciser que les différents semestres contiennent des enseignements dans un large éventail de savoirs à l'instar des langues comme l'arabe, le français et l'anglais ou les sciences comme les maths, les svt ou la physique et la chimie ainsi que les humanités et les disciplines sociales comme l'histoire-géo, l'éducation islamique, la philosophie générale, les droits de l'Homme, la calligraphie arabe.

D'autres apprentissages seront dispensés en lien avec l'intégration des TIC dans l'enseignement, la psychologie, la philosophie de l'éducation, la pratique de classes, les approches pédagogiques... En somme, tout ce dont un vrai enseignant a besoin et qui fait cruellement défaut chez la majorité de nos enseignants et, notamment, chez les nouvelles recrues.

Évaluation

Les étudiants en licence de l'éducation et de l'enseignement auront à accomplir les programmes de ces six semestres pour, enfin, élaborer un Projet de fin d'études (PFE). Le premier semestre exigera de chacun un horaire hebdomadaire présentiel de 30 heures. Le second demandera 28h30. Le troisième sera de 32h30. Le quatrième sera de 30h. Le cinquième, lui, comptera 33h et le dernier prévoit 24h de cours/semaine. L'évaluation des acquis se fera sous forme de contrôle continu ou combiné. Les coefficients de chaque unité oscillent entre 2 et 4. Dans le premier semestre, par exemple, l'unité «langues » (arabe français et anglais) ou «sciences» (maths, svt et physique-chimie) ont, respectivement, un coefficient 4. Rappelons, enfin, que c'est à partir de la fin du troisième semestre que les étudiants devront subir la formation pratique nécessaire. Le quatrième semestre sera clôturé par un stage sur terrain consistant en la réalisation d'un cours en classe. L'ensemble des heures de ce stage est de 6 heures. La troisième étape de formation pratique se déroulera, également, sous forme de stages en classes.

Mais, cette fois, avec 9 heures. La quatrième étape s'achèvera au cours du sixième semestre avec 9 heures de stages dans les classes, la tenue d'un portfolio et la présentation du PFE. En ce qui concerne les examens, le Mesrs souligne que c'est l'arrêté en date du 30 juin 2009 qui est pris en compte à l'exception de quelques spécificités liées à cette nouvelle licence. A ce titre, chaque élément des modules sera évalué et noté. La moyenne générale sera comptabilisée sur la base d'une évaluation d'une activité orale à raison de 30 % et les 70 % restants iront à une évaluation écrite en fin de cursus. Il y aura, toutefois, des notes éliminatoires dans certaines matières essentielles (8/20). Ce sera le cas pour les langues et les sciences en première et deuxième année et qui seront comptabilisées annuellement. La note éliminatoire de 8/20 sera adoptée, aussi, dans les stages de deuxième année et dans l'unité de la profession d'enseignement en troisième année.

Les étudiants qui achèveront leurs études recevront un diplôme national de licence appliquée en éducation et enseignement. D'ici la date de la première promotion, les deux ministères accorderont-ils leurs violons pour définir de façon précise le devenir de ces nouveaux diplômés ? Ces derniers seront-ils recrutés d'office comme on l'affirme au ministère de l'Education ou obéiraient-ils à la règle de l'égalité des chances évoquée par le Mesrs ? Et les intéressés, eux-mêmes, ont-ils eu leur mot à dire

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