Sénégal: Nouveau gouvernement de Macky Sall pour démarrer le quinquennat - Dionne rempile et annonce la suppression du poste de PM

Le Premier ministre du Sénégal Mahammed Boun Abdallah Dionne (photo d'archives).

Le Premier ministre sortant, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a été reconduit à la tête du nouveau gouvernement du président Macky Sall, cumulativement aux postes de Ministre d'Etat et de Secrétaire général de la présidence de la République.

Après sa reconduction, il a annoncé très prochainement la suppression du poste de Premier ministre, conformément à la volonté du chef de l'Etat de commencer les grandes réformes administratives par le recentrage par le haut de l'exécutif.

Fin du suspense. Mahammed Boun Abdallah Dionne redevient le Premier ministre (Pm) du nouveau gouvernement du président Macky Sall, qui doit démarrer ce quinquennat. En effet, après sa démission le vendredi 5 avril dernier, le chef de l'Etat a de nouveau fait confiance à son Pm, avec qui il a cheminé pendant près de 5 ans dans son premier mandat, en le nommant Pm par Décret n° 2019-759. Toutefois, Macky Sall ne s'en est pas limité là. Cumulativement à ses fonctions de Pm, Macky Sall l'a nommé aussi par Décret n° 2019-760 au poste de Ministre d'Etat Secrétaire général de la présidence de la République. Un poste qui remplacera vraisemblablement celui de Pm.

En effet, dès sa reconduction, Boun Abdallah Dionne a laissé entendre que le président Macky Sall l'a chargé, après la composition du nouveau gouvernement, «de finaliser cette grande réforme pour aller vers le mieux d'Etat. Cette réforme passera par la suppression de l'échelon intermédiaire qui est le Premier ministre». Ainsi donc, une fois que le poste de Pm sera supprimé, Boun Adallah Dionne gardera uniquement le poste de Ministre d'Etat Secrétaire général de la présidence de la République. Il a informé que ledit poste «prendra le dessus». Sur les raisons d'un tel réaménagement, le Pm indique qu'il est venu un temps nouveau, «un temps d'un mieux d'Etat, du rapprochement de l'administration des administrés, mais également pour accélérer les réformes». Mieux, ce dont il s'agit, selon M. Dionne, c'est « diminuer les goulots d'étranglement, pour que l'information circule d'avantage, pour qu'en fin toute la grande ambition que porte le président Macky Sall à travers le Pse et notamment à travers sa phase 2 qui est le soubassement programmatique pour ce mandat, ait plus d'impact sur les citoyens».

MACKY SALL VEUT ETRE AU CŒUR DES DOSSIERS

Revenant pour sa part sur la nouvelle démarche entreprise par le chef de l'Etat, Maxime Jean Simon Ndiaye, nouveau Secrétaire général du gouvernement, en remplacement à Seydou Guèye, explique que cela entre en droite ligne avec la vision du président Macky Sall, notamment de resserrer l'organe gouvernemental, mais également de recentrer les missions essentielles de l'Etat. Pour cela, il indique que le chef de l'Etat a opté pour la simplicité dans l'organisation, la souplesse dans l'action et le fonctionnement, et enfin la clarté et la lisibilité des échelles de responsabilités. «Pour cela, le président Macky Sall a jugé approprié de reconsidérer le niveau intermédiaire de transmission et d'animation gouvernementale que constitue la fonction de Pm, pour être lui-même au contact direct avec les niveaux administratifs chargés de l'application, de l'exécution, mais également de la mise en œuvre», dira-t-il. Bref, Macky Sall veut un «rapprochement du niveau d'instruction des dossiers que constitue le gouvernement, du centre de décision qu'incarne le président de la République et ses services», informe Maxime Jean Simon Ndiaye.

A noter, par ailleurs, que le président Macky Sall ne sera pas le premier chef d'Etat sénégalais à supprimer ce poste de Premier ministre. En effet, dans son différend qui l'opposait au Président du Conseil, Mamadou Dia, le président Senghor avait, en 1963, supprimé le poste de Premier ministre et instauré le régime présidentiel par une révision constitutionnelle. Son successeur, le président Abdou Diouf a fait autant en 1983, avant de le rétablir en 1991. Le président Macky Sall sera ainsi le 3ième président sénégalais à supprimer ledit poste, si toutefois la loi passe à l'Assemblée nationale.

EN BREF... EN BREF...

PREMIER GOUVERNEMENT DE MACKY POUR CE QUINQUENNAT : Les transhumants zappés

Qui disaient que les alliés de la dernière heure du président Macky Sall avaient négocié des postes ministériels pour soutenir le président sortant à la quête d'un second mandat ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que les « transhumants>> qui avaient rejoint Macky Sall, à la veille de la présidentielle, ne figurent pas dans le nouveau gouvernement devant démarrer le quinquennat de Macky Sall. Des leaders comme Aissata Tall Sall de "Osez l'avenir", Abdoulaye Baldé du l'Ucs, Modou Diagne Fada, Cheikh Tidiane Gadio, Souleymane Ndéné Ndiaye, etc ne figurent tout bonnement pas sur la liste des 32 ministres en charge d'un département. Leur ralliement au camp présidentiel, à quelques jours de la campagne électorale, avait fait couler beaucoup d'encre et de salive dans le pays. Que nenni. Si tels étaient leurs objectifs, ils devront prendre leur mal en patience. Qui sait, peut être que d'autres postes les attendent ?

CONSÉQUENCES DE LA PERTE DES ÉLECTIONS A ZIGUINCHOR : Les leaders traditionnels ignorés

Pour l'équilibre territorial, le chef de l'Etat, Macky Sall a nommé au poste de ministre du Commerce et des petites et moyennes entreprises, Aminata Assome Diatta pour le compte de la région de Ziguinchor. La présidente du mouvement Jappo ak Assome, anciennement Directrice du commerce de l'extérieur intègre le premier gouvernement de Macky Sall, qui doit démarrer ce quinquennat. Ainsi donc, tous les leaders de l'Alliance pour la République (Apr) qui s'adonnaient à une guerre de positionnement avant la présidentielle, à savoir Benoît Sambou, Doudou Ka, Kourfia Diawara, etc, sont royalement ignorés par Macky Sall. Même Aminata Angélique Manga qui gérait le ministère de la Microfinance et de l'économie solidaire, dans le précédent régime, a été défenestrée de son poste. Ce qui montre que tous les leaders traditionnels du parti au pouvoir ont été mis hors jeu au profit d'une alliée. La perte de l'élection présidentielle dernière dans l'ensemble de la région en est pour grande chose.

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