8 Avril 2019

Congo-Brazzaville: Génocide rwandais - Un moment de témoignages et d'évocations à Brazzaville

À l'initiative de l'ambassade du Rwanda au Congo, une cérémonie solennelle a été organisée, le 7 avril au Palais des congrès, à l'occasion de la commémoration du 25e anniversaire de la tragédie qui a fait au moins huit cent mille morts.

La communauté rwandaise au Congo a commémoré le 25e anniversaire du génocide du 7 avril 1994 sur le thème « Mémoire, unité et renouveau ». Une cérémonie ponctuée par des témoignages émouvants, notamment de Uwase Assiah, une rescapée, et de l'ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery, dont le cousin s'était marié avec une Rwandaise qui a perdu plusieurs membres de sa famille. Le tout agrémenté par les jeunes du projet « Ça se passe à l'école », qui ont témoigné leur sympathie et leur engagement à lutter contre la stigmatisation.

En effet, témoignant pour la toute première fois ce qu'elle a vécu pendant le génocide, Uwase Assiah, les larmes aux yeux, a survécu en quelque sorte par miracle car elle avait été jetée dans une fosse commune avant d'être secourue des jours après. Quant à Bertrand Cochery dont le cousin Philipe a épousé la Rwandaise Pauline, il a fait aussi un témoignage émouvant. « Mon cousin, son épouse et leurs deux petites filles sont rentrés en France en catastrophe comme tant d'autres qui n'avaient d'autre choix pour survivre que de fuir. Sur les vingt-deux membres de la famille de son épouse, seuls cinq ont pu échapper aux massacres, se cachant parfois dans des abris de fortune, entre le toit et le plafond de la maison. Pauline et Philipe ont pu partir avec un neveu Yves qui était alors un petit garçon, ses parents étaient parmi les premières victimes », a témoigné le diplomate français en poste à Brazzaville.

Toujours selon son récit, l'épouse de sa cousine qu'il a eue au téléphone s'est rendue le 7 avril à Kigali pour commémorer les vingt-cinq ans du génocide, accompagnée du jeune Yves.

Le coordonnateur du système des Nations unies au Congo, Anthony Ohemeng Boamah, a, de son côté, rendu public le message du secrétaire général de l'ONU. Dans son discours, António Guterres demande à tous les dirigeants politiques, chefs religieux et représentants de la société civile, hommes et femmes, de dénoncer les discours haineux ainsi que la discrimination, de s'attaquer et de remédier énergiquement aux maux qui, fondamentalement, nuisent à la cohésion sociale et créent un climat propice à la haine et à l'intolérance.

« Consolider les acquis de ces vingt-cinq années de reconstruction »

Avec plus de dix mille personnes tuées par jour pendant cent jours, le Rwanda s'est retrouvé, au lendemain du génocide, dans le désespoir et la désolation totale, a indiqué Jean Baptiste Habyalimana. En effet, selon l'ambassadeur du Rwanda au Congo, le génocide contre les Tutsis a fait plus d'un million de morts ; plus de trois cent mille orphelins mineurs sans suivi ; plus de cinq cent mille veuves. Rappelant les trois objectifs poursuivis par cette commémoration, il a déclaré qu'il s'agit, entre autres, d'un message à donner à ceux qui ont planifié et exécuté ce massacre qu'ils ont échoué.

« La commémoration du génocide perpétré contre les Tutsis est un devoir de mémoire pour nous tous, notre génération et les générations futures. Cette 25e commémoration, spécialement, est une occasion de transmettre l'héritage de valeurs du courage, de l'unité et de la résilience à la nouvelle génération qui est appelée à veiller, à protéger et à consolider les acquis de ces vingt-cinq années de reconstruction », a déclaré Jean Baptiste Habyalimana.

Représentant le gouvernement congolais à cette commémoration, le ministre de la Défense nationale, Charles Richard Mondjo, a salué le travail de relèvement, de réconciliation et de construction que le gouvernement rwandais est en train d'entreprendre depuis vingt-cinq ans. « La constance du gouvernement du Rwanda dans sa volonté de rapatrier ses ressortissants vivant à l'étranger ainsi que les échos très positifs de leur accueil et réintégration sont pour nous une garantie pour encourager sans cesse les Rwandais qui hésitent encore et qui n'ont rien à se reprocher à rentrer dans leur pays et à participer à l'œuvre de réconciliation nationale », a-t-il reconnu. Il a rappelé que le Congo a accueilli des milliers de réfugiés rwandais dont certains ont vécu ou vivent encore en parfaite harmonie avec leurs sœurs et frères congolais.

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