8 Avril 2019

Congo-Brazzaville: Distinction - Roga-Roga élevé au rang d'Officier des ARTs et des lettres de France

La cérémonie de remise de la médaille au musicien congolais par l'ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery, a eu lieu la soirée du 6 avril, à la Case de Gaulle, en présence du ministre des Postes, des télécommunications et de l'économie numérique, Léon Juste Ibombo.

Dès l'entame, l'ambassadeur de France a, dans son mot de circonstance, indiqué que la musique de Roga-Roga a du cœur. « Cher Roga-Roga, votre musique a du cœur, dans tous les sens du terme. Il y a bientôt un an, à l'occasion du 14 juillet, j'avais fait réaliser un t-shirt pour les chanteurs du Chœur Credo, sur lequel était imprimée la devise « Mon Congo a du Chœur ». La chorale fut le premier battement de cœur de votre carrière musicale, suivie de près par les pincements des cordes de la guitare. Puis vint en 1993, la guerre civile, la division, la fin de toutes les harmonies, le règne de toutes les mésententes, la bascule d'un pays dans la discorde, la violence et la mort. Vous avez puisé dans le génie musical une énergie salvatrice que vous n'avez eu de cesse de mettre au service de votre pays, de sa création, de son rayonnement, de sa jeunesse, de sa population, de sa réconciliation, de son redressement. Ainsi est né Extra musica », a rappelé le diplomate français.

Roga-Roga, a-t-il poursuivi, a fait d'une pierre deux coups en réveillant la musique congolaise, en redonnant de l'espoir et du sens à une génération, au Congo, mais tout autant à l'extérieur du pays. Les chansons comme "Freddy Nelson", "Etat-major", "La Sape", "Sorcellerie Kindoki", "Rupture" ou encore "242" sont autant de titres qui ont fait sa célébrité et celle des musiciens d'Extra musica, mais aussi, et à travers lui, celle du Congo, sur les scènes du monde entier ou presque, de Brazzaville à Yaoundé, de Douala à Cotonou, d'Abidjan à Pékin, de Paris à Washington, de Montréal à Montreuil, a témoigné Bertrand Cochery.

L'ambassadeur a rappelé également les prix et distinctions que Roga-Roga et ses musiciens ont déjà reçus. Il s'est dit persuadé que le prix du « meilleur guitariste congolais », décerné en 1993 à Roga-Roga, à l'orée de sa carrière, lui a été une bonne étoile. Tout comme l'a été cette étoile de Chevalier du mérite congolais qui lui a été remise par le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, en 2010, puis celle d'Officier, il y a un an, avant que la France lui honore en lui décernant la médaille d'Officier des Arts et des lettres. « Ce pays, je sais, vous l'aimez. Vous êtes de cœur avec lui, et vous l'avez montré en 2015 lors des attentats du Bataclan », a-t-il dit.

Avant de lui remettre solennellement cette distinction, l'ambassadeur de France a lu un message qu'il a spécialement reçu pour la circonstance, d'un ami et d'un frère de l'Afrique, en l'occurrence Claudy Siar, qui a indiqué que « l'histoire de Roga-Roga et d'Extra musica est totalement liée à celle du Congo Brazzaville ».

Soutenir l'écriture de la musique, le défi actuel des artistes Congolais

Remerciant la France pour cette décoration, Roga-Roga a indiqué que c'est un honneur de recevoir la distinction de ce pays, à la Case de Gaulle, lieu historique des relations de la France avec le Congo. Il a dit mesurer l'hommage et l'importance, ajoutant que c'est aussi un honneur pour un artiste musicien auteur compositeur du Congo que de recevoir cette distinction des mains de l'ambassadeur de France au Congo. « Merci pour avoir accepté de me remettre l'insigne, tant est grande mon admiration pour l'intérêt et l'encouragement que vous avez toujours manifestés à l'endroit des artistes congolais », a-t-il apprécié l'acte.

Roga-Roga a reconnu que la marque très forte de reconnaissance qui lui est faite n'aurait pas de sens si le groupe musical qu'il a eu l'honneur de créer avec ses amis, en 1993, et qu'il dirige jusqu'à ce jour, n'avait pas démontré ses qualités artistiques et sa persévérance malgré vents et marées. Il a estimé que s'il a quelques mérites, c'est d'avoir fait émerger une vision, une approche de la musique de son groupe Extra musica, les Zangul, jargon qui veut dire « artistes de conviction de l'art », et d'avoir impulsé sa mise en œuvre, en traversant les frontières.

« ... Pour moi, nous héritons d'un avant, les traces de nos aînés, partant des Bantous de la capitale, nous construisons un présent, la génération Extra musica et nous préparons ou subissons un après, la musique urbaine, mais la typique que nous exerçons ou la rumba demeurera toujours, telle est notre conviction », a-t-il déclaré. « Cette distinction qui est aussi un moyen formidable de renforcer notre diversité culturelle, et de prendre encore plus conscience des réalités du monde et de notre identité, me réconforte, renforce ma conviction de transmettre cette passion et me stimule à faire mieux demain. Notre défi actuel reste celui de soutenir l'écriture de notre musique et la faire lire à travers les nations et la vulgariser », a conclu l'artiste.

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