10 Avril 2019

Maroc: Le rapport d'Antonio Guterres n'est pas tout rose

La visite au Maroc du sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires politiques mise dans son contexte

A près la France, le sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires politiques, l'ambassadeur David Hale a effectué une visite au Maroc. Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale s'est contenté de rendre public un communiqué laconique concernant celle-ci dans lequel il a indiqué que «lors de cette visite, qui s'inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux pays, Nasser Bourita et David Hale ont discuté des moyens à même de renforcer davantage le dialogue stratégique, ainsi que la concertation sur les questions régionales d'intérêt commun».

«Certes cette visite s'inscrit dans le cadre des relations stratégiques bilatérales entre les deux pays», nous a indiqué à ce propos Moussaoui Ajlaoui, expert associé au Centre d'études pour l'Afrique et le Moyen-Orient (AMES-Center), en précisant que les entretiens que le responsable américain a eus à

Rabat ne pouvaient avoir passé sous silence la question du Sahara, vu que sa visite a coïncidé avec la publication du draft du nouveau rapport adressé par le secrétaire général de l'ONU, Antonio

Guterres, au Conseil de sécurité et les débats auquel il ne manquera pas de donner lieu.

«La visite du troisième responsable hiérarchique du Département d'Etat américain ne semble pas fortuite. S'agit-il d'une consultation ou d'une nouvelle approche des Américains ? Je ne le sais pas, mais je suis inquiet quant à la teneur du nouveau rapport de Guterres qui pourrait servir comme base pour une prochaine résolution» qui porterait atteinte aux intérêts du Royaume. Notre interlocuteur s'est ainsi montré sceptique quant à la teneur de ce rapport qui comporte des éléments fâcheux pour le Maroc et qui se montre bien disposé envers le Polisario. Le rapport ne fait pas allusion à la nécessité de recenser la population des camps de Tindouf, ni à la situation catastrophique des droits de l'Homme dans ceux-ci. En outre, il salue la destruction par le Polisario de son dernier stock de mines antipersonnel qui pourrait constituer «un premier pas louable» vers la construction de la confiance.

L'un des paragraphes dudit rapport qui pose problème est celui dans lequel le Secrétaire général de l'ONU impute la responsabilité au Maroc «de violer l'accord de cessez-le-feu de 1991 et la construction d'un nouveau mur de défense». Et d'ajouter : «Mais le plus important est qu'il aborde la question des droits de l'Homme et appelle à la création d'un mécanisme indépendant pour contrôler le respect de ceux-ci au Sahara. Ce mécanisme contrôlera uniquement le Maroc et pas le Polisario». L'on sait à ce propos que notre pays s'est opposé farouchement à toute tentative ou manœuvre visant l'élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance desdits droits dans les provinces du Sud du Royaume. De plus, «le paragraphe 78 précise qu'Antonio Guterres recommande au Conseil de sécurité d'exhorter le Maroc à lever les obstacles qui empêchent les membres de la MINURSO d'entrer en contact direct avec la population locale, ce que le Maroc avait rejeté en 2013». «Est-ce que David Hale est venu au Maroc pour débattre de toutes ces questions avec les responsables marocains, vu que les Américains sont les porte-plumes des résolutions concernant le Sahara?», s'est interrogé Moussaoui Ajaloui qui a, par ailleurs, assuré que ce rapport n'est pas définitif, qu'il ne s'agit pas d'une première version et que son contenu pourrait être amélioré ou amendé au cours des débats au sein du Conseil de sécurité. Il a néanmoins souligné que la vigilance doit rester de mise.

Il convient de rappeler qu'Antonio Guterres a mis l'accent sur les deux tables rondes tenues à Genève, soulignant qu'une solution politique du différend régional sur le Sahara est possible mais qu'un règlement nécessiterait «une volonté politique forte, non seulement de la part des parties et des Etats voisins, mais également de la communauté internationale». Il a également proposé la reconduction du mandat de la MINURSO, sans en préciser la durée.

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