9 Avril 2019

Libye: Offensive de Haftar sur Tripoli. - Jusqu'à quand le pays continuera-t-il de saigner ?

Photo: Photo ONU/Eskinder Debebe
Le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Ghassan Salamé, se confie à la presse.

Jusqu'à quand la Libye continuera-t-elle de saigner ? C'est la question que plus d'un se pose depuis que le maréchal Khalifa Haftar, excédé par le sur-place dont fait montre la communauté internationale, a décidé de marcher sur Tripoli.

Et en dépit de la clameur qui monte, l'ex-ministre de la Défense a mis à exécution sa menace si fait que la violence a repris ses droits dans un pays déjà en lambeaux depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le bilan provisoire de cette nouvelle escalade, fait état d'une quarantaine de personnes tuées, avec de nombreux blessés. On oublie volontiers le sort de ces milliers de migrants illégaux qui, souvent, sont détenus dans des centres non sécurisés dans des conditions inhumaines.

Et ce n'est pas tout. Depuis le début de l'offensive sur Tripoli, nombreux sont les Libyens qui sont terrés chez eux quand d'autres n'ont pas pris la route de l'exil à la recherche de contrées clémentes.

C'est dire si la Libye, pays riche en pétrole, déchirée par de nombreux conflits internes, est en train d'aller à vau-l'eau, tant la paix y est devenue un mirage.

Et comme pour ne rien arranger, les grandes puissances, du fait de leurs intérêts divergents, ne parlent pas le même langage.

En effet, pendant que certains pays comme la France (même si elle s'en défend), la Russie, le Caire et le Qatar roulent pour le maréchal Haftar, d'autres, en l'occurrence les Etats-Unis et la Grande Bretagne, font bloc derrière le gouvernement de Fayez-el-Sarraj qui, faut-il le rappeler, ne contrôle qu'une portion congrue du territoire libyen.

Dans ces conditions, il y a lieu de craindre le syndrome syrien où les grandes puissances ont passé le temps à se combattre par groupes armés interposés, avant de se raviser.

La Libye n'a pas besoin de ça ; elle qui, depuis maintenant huit ans, est presque sous coupe réglée de milices armées qui se disputent les richesses du pays.

On attend de voir si les Occidentaux et leurs suppôts respectifs libyens, accepteront de transcender leur ego

Les conséquences de cette guerre qui n'en finit pas, affectent même les pays voisins comme l'Egypte, l'Algérie et la Tunisie.

Le dernier pays cité, dès la reprise des combats au pays de Kadhafi, a pris les devants, en déployant des troupes militaires aux postes frontaliers avec, en appui, des contrôles aériens visant à intercepter tout mouvement suspect. « Mieux vaut prévenir que guérir », est-on tenté de dire.

Car la Tunisie en sait quelque chose ; elle qui, a maintes reprises, a été frappée par des terroristes venus de Libye. Ceci pouvant expliquer cela, on comprend pourquoi les autorités tunisiennes, en plus des dispositions préventives prises sur le terrain, jouent les médiateurs entre Sarraj et Haftar.

Ayant compris que quand la case du voisin brûle, il ne faut pas rester les bras croisés, elles entendent peser de tout leur poids pour que la Conférence nationale libyenne reportée sine die, soit un succès.

On attend de voir si les Occidentaux et leurs suppôts respectifs libyens, accepteront de transcender leur ego dans l'intérêt supérieur du peuple libyen qui a longtemps souffert le martyre. En tout cas, il est évident que du rapport de forces sur le terrain, dépendra le succès de ladite conférence nationale.

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