Libye: Combats à Tripoli - Le gouvernement libyen résolu à repousser les forces de Haftar

Le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Ghassan Salamé, se confie à la presse.

Tripoli — Les forces du gouvernement d'union nationale libyen (GNA) ont affiché leur détermination à ne ménager aucun effort pour faire cesser les hostilités lancées jeudi dernier sur la capitale Tripoli par le maréchal Khalifa Haftar.

L'armée loyale s'est aussi engagée à venir en aide aux citoyens pris au piège des combats qui se poursuivent dans la capitale malgré moult appels de la communauté internationale à la désescalade et à privilégier la solution politique au conflit libyen.

Elle a assuré mardi sur la chaîne de télévision libyenne officielle que les forces du GNA "progressent" sur le terrain pour mettre un terme aux combats et à l'offensive meurtrière des forces de Haftar "avant vendredi".

Les forces du GNA s'efforcent également d'"ouvrir des passages" pour sauver les Tripolitains pris au piège des combats.

Plus de 2.800 personnes ont été déplacées par les combats qui ont éclaté dans certains secteurs de la région de Tripoli, d'après le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

L'agence onusienne, qui dit être présente sur le terrain, veut garantir la sécurité de ceux "détenus dans les zones d'affrontements en cours" en sollicitant l'aide des autorités pour installer les "individus vulnérables" dans un lieu sûr.

Par ailleurs, des renforts militaires continuent d'être envoyés de toutes les villes libyennes pour faire reculer les forces de Haftar, alliées au gouvernement parallèle dans l'est, non reconnu par la communauté internationale, selon l'armée libyenne.

Malgré la poursuite des combats dans la capitale où siège le GNA reconnu par la communauté internationale, toutes les activités se "déroulent normalement" notamment l'enseignement dans les écoles et les universités, rassurent aussi les autorités libyennes, citées par la télévision officielle.

Dans ce contexte, le ministère de l'Enseignement du GNA a souligné dimanche que les cours se poursuivaient "normalement" à Tripoli, sauf dans les zones de combats.

De plus, tous les départements ministériels et toutes les administrations tiennent des réunions pour évaluer la situation dans leur secteur, toujours selon les autorités libyennes.

-- Fayez al-Sarraj en colère, demande des explications à la France--

Fayez al-Sarraj, président du Conseil présidentiel du GNA, a exprimé "son vif mécontentement" après l'attaque de Haftar qui survient au moment où les Libyens attendaient avec optimisme la tenue de la Conférence nationale" prévue du 14 au 16 avril sous l'égide de l'ONU.

Celle-ci a finalement été reportée sine die, selon l'ONU, en raison de la persistance des combats à Tripoli.

Cette conférence avait pour objectif de dresser une feuille de route en vue de mettre fin à la période de transition chaotique qui perdure depuis la chute du régime de Maamar el-Gueddafi en 2011.

Le chef du GNA a estimé dans un communiqué qu'avec son offensive, le maréchal Haftar avait "sapé les espérances des Libyens, ramenant le pays dans le gouffre de la guerre et de l'effusion de sang sans objectif réel sinon d'assouvir ses désirs personnels de pouvoir et de domination".

M.al-Sarraj a souligné au cours d'un entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron que les forces du GNA allaient "combattre cette agression" et que le maréchal Haftar "n'aura d'autre choix que le retrait de ses troupes et le retour de là d'où elles sont venues".

La France, qui se pose en médiateur entre les deux camps libyens, est régulièrement accusée de favoriser sur le terrain le camp Haftar. Elle a engagé ses dernières 24 heures une offensive diplomatique pour se défendre et expliquer sa position vis-à-vis de la crise libyenne.

Après l'affirmation lundi d'une source diplomatique française faisant valoir que la France ne reconnaîtra "aucune légitimité" si le maréchal Haftar prenait le contrôle militaire de Tripoli, c'est au tour du président Macron d'appeler lundi Fayez al-Sarraj, pour lui faire savoir, de la façon la plus officielle, son "refus total" de l'offensive du maréchal Haftar.

Fayez al-Sarraj a demandé, il y a quelques jours, à l'ambassadrice française, Béatrice Fraper, des explications sur le rôle de la France dans la crise dans son pays. "Elle lui a redit que nous n'avions rien à voir avec cette offensive militaire et qu'au contraire nous avions fait passer le message au maréchal Haftar pour le dissuader de continuer à marcher sur Tripoli", d'après une source diplomatique française.

Pour rappel, les affrontements armés depuis jeudi entre les forces du GNA et l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par Haftar, ont fait au moins 35 morts, selon un bilan officiel.

Lundi, les vols ont été suspendus à Tripoli suite à une attaque aérienne menée par l'ANL contre l'aéroport de Matiga. Celui-ci doit rouvrir mardi soir seulement pour les vols nocturnes, selon la compagnie nationale Libyan Airlines et une source aéroportuaire.

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