Soudan: Des manifestants ont été tués et d'autres ont été blessés

La présence du président soudanais, Omar el-Béchir, à Kinshasa indispose plusieurs ONG qui réclament son arrestation
communiqué de presse

Nairobi — Les forces de sécurité soudanaises sont suspectées d'avoir tué au moins huit manifestants entre le 6 et 8 avril 2019 et en auraient blessé des dizaines d'autres, en recourant à la force létale afin de disperser des manifestations pacifiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Le 6 avril, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le siège de l'armée dans la capitale, Khartoum, pour demander la démission du président Omar el-Béchir. L'Association des professionnels soudanais (Sudan Professionals Association) et d'autres organisations, ainsi que des leaders de l'opposition, avaient appelé à des rassemblements et des « sit-in » en vue d'obtenir la démission du président. Omar el-Béchir est par ailleurs visé par deux mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale et liés aux atrocités commises au Darfour.

« Les dirigeants soudanais doivent mettre fin aux violence perpétrées contre des manifestants pacifiques. Cette répression brutale est injustifiée, illégale et contre-productive », a déclaré Jehanne Henry, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il faut respecter le droit du peuple soudanais de manifester pacifiquement. »

Les forces gouvernementales - notamment les forces de sécurité nationale, la police et des forces auxiliaires - ont dispersé les manifestants en utilisant des balles réelles, et en tirant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. En même temps, certains militaires ont cherché à protéger les manifestants, notamment en contrôlant l'accès à la zone du sit-in, selon des témoins interrogés par Human Rights Watch.

Le 6 avril, les forces gouvernementales ont abattu quatre manifestants devant le siège de l'armée à Khartoum, ainsi qu'une jeune mère âgée de 19 ans lors de la répression d'une manifestation tenue dans à Zalingei un camp pour personnes déplacées à l'intérieur du pays, selon le Comité des médecins soudanais (Sudanese Doctors Committee). Le Comité a cité trois autres cas - un technicien de laboratoire tué à Omdurman le 6 avril, un manifestant écrasé par un véhicule des forces gouvernementales à El Obeïd le 7 avril et décédé des suites de ses blessures, et un troisième homme qui a été abattu par les forces de sécurité dans le sud de Khartoum le 8 avril.

Des dizaines d'autres personnes ont été blessées à Khartoum par balles et par des grenades lacrymogènes, selon des témoins.

Au moins un soldat aurait été tué lors des affrontements devant le siège de l'armée, les 7 et 8 avril. Des observateurs crédibles estiment que plus de 70 manifestants ont été tués par les forces gouvernementales depuis le mois de décembre.

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, l'Union africaine et d'autres représentants de la communauté internationale devraient exhorter le Soudan à s'assurer qu'une enquête indépendante soit menée sur toutes les violations des droits humains commises au cours des manifestations, selon Human Rights Watch.

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