10 Avril 2019

Burkina Faso: Dialogue politique initie par le president du Faso / Pascal Zaïda - « Le pouvoir veut séduire l'opinion»

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Ceci est une déclaration du Cadre d'expression démocratique (CED), signée de son coordonnateur national, Pascal Zaïda. Ce dernier fait une analyse du dialogue politique initié par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Comme un albatros dont le plumage l'empêche de voler, Roch Marc Christian Kaboré chercherait-il une porte de sortie dans ce bourbier où il a conduit le peuple burkinabè ? Pour sûr, de par ses actes ces derniers temps, il a fini par convaincre les plus sceptiques qu'il est à court d'initiatives pour conduire le pays dans une bonne direction.

Ainsi, sa nouvelle trouvaille est le dialogue politique avec l'opposition qu'il a toujours vilipendée. Comment donc un président qui a toujours méprisé l'opposition politique 3 ans et demi durant, peut-il subitement s'arcbouter à cette même opposition pour discuter des questions pour lesquelles il n'a jamais voulu consulter l'opposition.

Sans doute, en rencontrant l'opposition sur l'ordre du jour portant sur le vote de 2020 et le référendum, le chef de l'Etat chercherait à souffler dans toutes les trompettes : celles des diatribes et des spéculations mensongères pensant ainsi obtenir l'amour de l'opinion. pour corroborer l'attitude de Roch Marc Christian Kaboré, on peut rappeler que sur le vote de 2020, il a déjà promulgué un décret portant sur le nouveau Code électoral.

Lequel Code électoral a été et reste toujours l'objet de vive contestation de la part de l'opposition politique. Sincérité pour sincérité donc, le président du Faso devrait, avant toute chose, abroger cette loi controversée. Etant étendu qu'un Code électoral consensuel est le terreau d'une élection apaisée et d'une vraie démocratie.

Cela est un postulat unanimement admis. Deuxième attitude suspecte, c'est que sur la nouvelle Constitution, le président du Faso a toujours clamé sa volonté de faire adopter celle-ci par voie référendaire. C'est dire aussi que sur cette question, Roch Marc Christian Kaboré a toujours une position prédéfinie.

Et on se demande bien sur quoi dialogueront les parties sur ce point. Sauf à croire que le chef de l'Etat concocterait un jeu de dupes nuisible à la santé de l'opposition. En effet, sachant sa réélection hypothéquée par de minables résultats, le président Kaboré serait tenté d'embarquer l'opposition dans un funeste projet de dialogue afin de faire perdre de vue les dures réalités de son échec à la tête du pays.

Car, pour un président soucieux d'une gouvernance consensuelle et respectueux de son opposition, ce n'est pas à un an d'une élection qu'il faut parler de dialogue.

Dialogue du reste que l'opposition et les organisations de la société civile avaient appelé de tous leurs vœux afin d'endiguer, dans un sursaut d'ensemble, les maux qui minent la société burkinabè.

Mais durant les trois ans et demi, le pouvoir MPP, dans un morbide orgueil, feignait de ne pas entendre ces appels et refusait tout dialogue.

Pris dans ses propres turpitudes, baignant dans ses échecs, convaincu de son incapacité et vomi par le peuple, le pouvoir veut désormais séduire l'opinion par ce dialogue dont la sincérité est d'ailleurs bien douteuse.

Car, tout dialogue sincère doit être inclusif, réunissant toutes les forces vives de la Nation. Les problèmes du Burkina vont au-delà des cadres des partis politiques pour s'élargir à toutes les composantes de la société.

C'est autour de ce cadre inclusif qu'on pourrait trouver les solutions aux problèmes auxquels le MPP et ses alliés ont conduit le Burkina Faso.

Dialogue pour dialogue, le Cadre d'expression démocratique (CED) estime qu'il faut des préalables qui pourraient aboutir à un compromis historique. Au nombre de ces préalables, on note:

1- le Code électoral (régulateur du jeu démocratique) et le respect du calendrier électoral ;

2- la sécurité et la défense (restauration de l'autorité de l'Etat, l'intégrité du territoire, rôle et place de l'armée dans le dialogue et quelle armée nouvelle pour le Burkina);

3- le dédommagement des victimes politiques (en vue d'apaiser les cœurs et faciliter l'esprit au dialogue);

4- la justice transitionnelle;

5- le retour des exilés;

6- la gestion du front social

(les syndicats et les organisations de la société civile).

Ouagadougou, le 9 avril 2019

Le Coordonnateur national

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