10 Avril 2019

Burkina Faso: Violences intercommunautairs - « Nos gouvernants ont péché par inaction », selon le CFOP

Le Chef de file de l'opposition politique (CFOP) a tenu, hier 9 avril à son siège à Ouagadougou, son hebdomadaire point de presse animé par Amadou Diemdioda Dicko, 4e vice-président de l'Union pour le progrès et le changement (UPC) et Adjaratou Sawadogo, vice-présidente du Rassemblement des forces indépendantes/Tous pour le développement social (RFI/TDS).

Quatre sujets ont été abordés à savoir les violences intercommunautaires à Arbinda et Zoaga, la crise du foncier, le dialogue politique et le sacre de Iron Biby au Log Lift de la saison 2019.

Comme tous les mardis, deux responsables de partis membres du Chef de file de l'opposition politique (CFOP), Amadou Diemdioda Dicko, 4e vice-président de l'Union pour le progrès et le changement (UPC) et Adjaratou Sawadogo, vice-présidente du Rassemblement des forces indépendantes/Tous pour le développement social (RFI/TDS) étaient, hier 9 avril à Ouagadougou, face à la presse pour s'exprimer sur quatre sujets d'actualité nationale.

Il s'agit du dialogue politique annoncé, des violences intercommaunautaires à Arbinda et à Zoaga, de la crise du foncier et des exploits du Burkinabè Iron Biby au championnat mondial de Log Lift, le 6 avril dernier.

A ce dernier, ils ont rendu un hommage tout en souhaitant que « l'Etat burkinabè l'honore à la hauteur de ses exploits, et l'accompagne pour qu'il puisse développer sa discipline et encadrer d'autres jeunes qui voudraient suivre ses pas. »

Sur la question du dialogue politique, les deux animateurs du point de presse ont relevé que « l'opposition politique réaffirme qu'elle est patriote et soucieuse de la stabilité et de la paix au Burkina. C'est pourquoi elle est disposée à prendre part à tout dialogue politique, pourvu que ledit dialogue soit sincère et vise l'intérêt supérieur du pays ».

Abordant le sensible sujet des conflits intercommunautaires à Arbinda et à Zoaga, ils ont déploré le fait que malgré l'alerte de l'opposition « sur la base des nouvelles reçues sur le terrain », des dispositions n'aient pas été prises alors que « chaque camp se préparait et il fallait intervenir à temps ».

Selon eux, à Arbinda, tout comme à Zoaga, « les tensions se sont nourries des violences précédentes », et ils font savoir que « des gens ont massacré à Yirgou en toute impunité. D'autres ont tué à Zoaga sans être inquiétés. Sur ce point, nos gouvernants ont péché par inaction ».

Toute chose qui leur rappelle la « page sombre de l'histoire rwandaise [qui] doit pouvoir guider le peuple burkinabè dans sa construction de l'Etat-Nation. »

De leur avis, « il faut combattre l'ethnicisme aujourd'hui, si nous voulons éviter d'autres drames demain. » En cela, « il convient de poser clairement la question peule et la question de l'ethnicisme sur la table », ont-ils soutenu.

« le MPP, un parti qui se dit de gauche, suspend les lotissements pour les pauvres, et autorise les lotissements pour les riches »

Le dernier point abordé par les deux responsables politiques a porté sur le foncier. Ils ont d'abord déploré, sur la base d'un article de notre confrère Le Reporter, le quitus du Conseil municipal de Saaba pour distribuer plus de 2 740 hectares à 16 sociétés immobilières.

« Cette décision aurait été prise lors de la session ordinaire dudit Conseil municipal, du 19 au 22 mars dernier, sur fond de corruption et de manipulation de la part de certaines personnalités tapies dans l'ombre », ont indiqué Dicko et Sawadogo avant de signifier que « l'opposition politique a toujours exigé du gouvernement de la transparence sur cette affaire de lotissement déguisée, conduite par des promoteurs immobiliers dont le seul credo est le pillage ».

Ensuite, ils n'ont pas manqué d'évoquer que « le MPP, un parti qui se dit de gauche, suspend les lotissements pour les pauvres, et autorise les lotissements pour les riches. C'est cela la promotion immobilière à l'ère du MPP.

Ce sont les mêmes hommes puissants au pouvoir qui sont derrière ces lotissements privés pour piller de manière légale et au grand jour les quelques terres qui restaient pour le peuple. »

Et ils ajoutent que « jamais, la terre n'a autant été pillée à grande échelle » tout en mentionnant que « la promotion immobilière telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui, avec la bénédiction et le soutien du MPP, est une menace pour la cohésion sociale... .

Que nos enfants s'entretuent demain dans des conflits fonciers importe peu à nos gouvernants. » Mais, ils attirent l'attention des autorités en ces termes : « Pendant que nous combattons le terrorisme, nous devons prévenir d'autres sources de conflits.

Le foncier est une source incandescente de conflits, entretenue par l'insouciance et la cupidité des forts du moment ».

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