Gabon: La conférence nationale libyenne reportée, selon l'ONU

Tripoli, Libye — La conférence nationale libyenne parrainée par les Nations unies en vue d'organiser des élections dans ce pays riche en pétrole en proie à un conflit, a été reportée en raison de l'offensive qui se déroule près de Tripoli, la capitale, a annoncé le haut responsable onusien dans ce pays.

Ghassan Salamé, le représentant des Nations unies pour la Libye, et chef de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (MINUL) a fait cette annonce mardi après avoir condamné l'attaque de lundi menée par un appareil de l'auto-proclamée Armée nationale libyenne (LNA) contre le seul terminal fonctionnel de Tripoli disponible pour les civils.

L'objectif de la conférence était de parvenir à un accord entre les différentes factions politiques après des mois de discussions conduites par l'ONU au niveau local, en vue de la tenue d'élections démocratiques qui allaient unifier le pays et relancer l'économie.

La situation en cours dans ce pays d'Afrique du Nord préoccupe la Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, qui a averti que les attaques contre les civils et les infrastructures civiles ces derniers jours, peuvent constituer des crimes de guerre, y compris celles menées par le commandant de la LNA, Khalifa Haftar.

"Les gens de Khalifa Haftar disent qu'ils l'ont bombardé parce qu'il s'agit d'une cible militaire", a dit Ravina Shamdasani, porte-parole du Bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (OHCHR). "Même si c'est un objectif militaire, toutes les précautions pratiquement possibles doivent être prises pour minimiser les pertes accidentelles en vies humaines, éviter les attaques aveugles".

Cette spirale de la violence survient après des années d'instabilité ayant suivi la chute du Président Mouammar Khadafi en 2011. Le gouvernement basé à Tripoli et reconnu par la Communauté internationale est soumis à l'offensive des forces du commandant militaire de l'est de la Libye, Khalifa Haftar.

Plus de 3 400 personnes ont fuit les combats près de Tripoli ces derniers jours, a indiqué l'ONU. Selon Tarik Jasarevic, le porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les combats ont fait ces trois derniers jours "47 morts et 181 blessés".

"Les affrontements actuels accablent un système de santé déjà surchargé avec beaucoup de dysfonctionnement", a expliqué M. Jasarevic, pour qui, avec "le conflit qui s'éternise, des centaines de centres de soins de santé primaires et plus de 20 hôpitaux ont été détruits ou fermés".

En plus des services de santé surchargés, le porte-parole de l'OMS a noté que l'un des deux médecins tués ce week-end "aurait été tué alors qu'il travaillait dans une ambulance de campagne".

Par ailleurs, suite aux informations faisant état d'affrontements impliquant une artillerie lourde dans les zones résidentielles de Tripoli, l'OHCHR a réaffirmé ses craintes pour la sécurité des migrants et réfugiés retenus dans les centres de détention.

"Nous sommes préoccupés par le fait que ces migrants vulnérables pourraient être pris entre deux feux, particulièrement quand des groupes armés impliqués dans le conflit exercent une influence ou un contrôle sur les infrastructures de détention, ces infrastructures de détention spéciales pour les migrants", a dit Mme Shamdasani.

"Sur la base de notre expérience en Libye, nous sommes aussi préoccupés par le fait que les migrants pourraient servir de boucliers humains ou être recrutés de force pour combattre".

Ces préoccupations ont été évoquées par l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), dont le porte-parole, Babar Baloch, a dit que le personnel avait été en contact avec des détenus anxieux, qui sont au nombre de 57 000 dans les centres de détention.

"Nous avons parlé aux réfugiés dans les centres de détention qui nous disent qu'ils peuvent entendre les affrontements, et beaucoup sont très effrayés", a-t-il dit. "Nous demandons, plaidons pour la libération de tous les migrants et réfugiés et sollicitons aussi une garantie pour la sécurité des réfugiés et migrants".

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