Congo-Kinshasa: En marge de l'élection des gouverneurs - Marie Josée Ifoku « Le pays est en deuil »

12 Avril 2019

Choquée par la corruption que le FCC a fini par transformer en mode de vote en RDC, l'unique femme candidate à la présidentielle de décembre 2018 invite le peuple à se mobiliser autour du Président de la République en vue de « déboulonner » le système.

Comme ce fut le cas lors des élections sénatoriales le vendredi 15 mars 2019, l'élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces du mercredi 10 avril a laissé un goût auprès de nombreux Congolais. Ce qui explique non seulement cette timidité populaire constatée à travers le pays à l'annonce des résultats, mais également des réactions enregistrées à ce sujet.

Si ces résultats n'ont pas été une surprise pour des analystes comme des esprits éclairés, cela n'a pas été le cas pour le commun des Congolais qui continue à s'interroger sur le sens de ce qui est arrivé.

On rappelle que ces réactions ont été enregistrées aussi bien dans le camp des candidats qui étaient en lice qu'au sein de la classe politique et des organisations de la société civile. Jean Claude Muyambo et Magloire Kabemba comptent parmi les candidats malheureux qui ont dénoncé la façon dont les choses se sont déroulées ainsi que les résultats ayant sanctionné lesdits scrutins.

Du côté des acteurs politiques, «Baba» Gabriel Kyungu wa Kumwanza a rompu le silence pour fustiger la corruption à ciel ouvert qui a entouré l'élection des gouverneurs des provinces. Idem pour Peter Kazadi, cadre de l'UDPS, qui a dénoncé à son tour le manque d'élégance politique du FCC, regroupement politique avec lequel ils sont en coalition pour la gouvernance du pays.

Révoltée par la persévérence de la même méthode utilisée par le FCC aux sénatoriales du vendredi 15 mars 2019, Marie Josée Ifoku a aussi donné de la voix. Sans porter des gants, elle dénonce dans un langage clair et limpide la corruption, cette antivaleur à laquelle recourt la famille politique du président sortant pour accéder à des postes politiques, notamment ceux à mandat électif.

Tout en condamnant cette pratique avilissante qui a mis le pays en grand retard au plan du développement par rapport aux autres nations avec lesquelles le Congo démocratique avait le même PIB en 1960, M.J. Ifoku appelle le peuple congolais à prendre ses responsabilités, à l'instar d'autres peuples à travers le monde afin de mettre définitivement un terme à la tentative de pérennisation d'un régime ayant chosifié le Congolais.

Suivez la réaction à chaud de Marie Josée Ifoku sur la radio Top Congo, après la proclamation de l'élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces : « Sincèrement, nous ne pouvons accepter ces résultats. Nous savons très bien que ces élections sont non seulement entachées d'irrégularités, mais de corruption. Et nous ne pouvons continuer à nous taire.

C'est vrai que nous sommes conscients que le FCC a eu la majorité au niveau des assemblées provinciales et de l'Assemblée nationale. Mais tout cela ne reflète pas la réalité du choix du peuple congolais.

Donc, jusque-là ,nous avons à la tête de ce pays une grande figure de l'opposition qui est le Président Félix Tshisekedi. Et je pense que c'est le seul en qui le peuple se reconnaît. Mais, le reste, nous ne sommes pas d'accord et nous ne pouvons continuer à nous taire.

Et je me pose des questions : où sont ces hommes courageux ? Le peuple est allé aux élections parce qu'il voulait un changement, le peuple est allé aux élections parce qu'il voulait sanctionner. Mais, si c'est pour que la tête soit son choix, et que le corps ne le soit pas, là, nous allons sortir dans la rue. Un des nôtres est à la tête de ce pays, nous devons le soutenir à déboulonner ce système.

Ça fait 133 ans que je vous dis que nous sommes dans un système totalement rouillé. C'est vraiment inadmissible ce que nous venons de vivre, que ce soit au niveau des élections sénatoriales ou celles des gouverneurs. Le pays est en deuil. Nous devons réagir, marcher dans la rue. Et ce n'est pas le Président Félix Tshisekedi qui va nous en empêcher puisqu'il sait de quoi on parle ». Dom

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Le Phare

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.