Afrique: Rapport état de la population mondiale 2019 - La santé au ralenti

Photo: UNFPA
Rapport état de la population mondiale 2019

Le nombre de décès maternels liés à la grossesse, tout comme le taux mondial de recours à la contraception moderne, ainsi que le taux de fécondité mondiale n'ont pas connu une très grande évolution de 1969 à nos jours, constate le rapport État de la population mondiale 2019, publié jeudi 11 avril, par l'Unfpa.

Pour le premier constat, sur 100 000 naissances vivantes, dans le monde entier: 369 décès ont été notés en 1994 contre 216 en 2015, la contraception moderne qui était de 24 en 1969, 52 en 1994 est à 58 en 2019. Quant au nombre moyen de naissances par femme : 4,8 en 1969, 2,9 en 1994, il est aujourd'hui à 2,5 en 2019. Un constat qui fera dire à l'Unfpa, que les pays doivent redoubler d'efforts.

Selon le dernier rapport de l'Unfpa sur la situation sanitaire de la population mondiale, les gouvernements doivent redoubler d'efforts. Selon ledit rapport, beaucoup de progrès ont été accomplis depuis 1969. Cependant ils n'ont pas connu une grande évolution. «Le nombre moyen de naissances par femme était alors de 4,8, contre 2,9 en 1994 et 2,5 aujourd'hui ; le taux de fécondité dans les pays les moins avancés a chuté de 6,8 en 1969 à 5,6 en 1994 et à 3,9 en 2019 ; et le nombre de décès maternels liés à la grossesse est passé de 369 pour 100 000 naissances vivantes en 1994 à 216 en 2015», a fait remarquer le rapport.

Par ailleurs, le rapport renseigne que 24 % des femmes utilisaient des contraceptifs modernes en 1969, contre 52 % en 1994 et 58 % en 2019. Toutefois, il signale que de trop nombreuses femmes sont encore privées de leurs droits reproductifs, notamment les plus de 200 millions de femmes qui voudraient éviter une grossesse mais n'ont pas accès aux informations et services relatifs à la contraception moderne.

Pour la Directrice exécutive de l'Unfpa, le Dr Natalia Kanem : «malgré la disponibilité croissante des contraceptifs au fil des années, des centaines de millions de femmes n'y ont toujours pas accès aujourd'hui, pas plus qu'au choix en matière de reproduction qui leur est associé.» Le rapport a aussi indiqué sur ce point que le mouvement mondial de lutte pour les droits reproductifs qui a débuté dans les années 1960 a transformé la vie de centaines de millions de femmes, en leur permettant de contrôler leur propre corps et de façonner elles-mêmes leur avenir. Cependant, malgré les progrès accomplis ces 50 dernières années depuis la création de l'UNFPA, (Organisme des Nations Unies chargé de la santé sexuelle et reproductive), il reste encore un long chemin à parcourir pour que chacun, partout dans le monde, puisse revendiquer ses droits et ses choix.

Toutefois, force est de renseigner que les besoins non satisfaits en matière de santé sexuelle et reproductive se concentrent essentiellement au sein des populations marginalisées, notamment les minorités ethniques, les jeunes, les personnes non mariées, les membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexuée, les personnes handicapées, et les personnes pauvres des zones rurales et urbaines. «Huit cents millions de femmes en vie aujourd'hui auraient été mariées durant l'enfance. Dans les pays en situation d'urgence, plus de 500 femmes et filles meurent chaque jour durant la grossesse et l'accouchement» rapporte le rapport 2019 de l'Unfpa.

Capacité des femmes à prendre des décision

Selon l'Unfpa, pour la première fois, le rapport comprend des données sur la capacité des femmes à prendre des décisions dans trois domaines fondamentaux que sont les relations sexuelles avec leur partenaire, l'utilisation de la contraception et la santé. Selon le rapport de l'Unfpa, dans les 51 pays où de telles informations sont disponibles, seules 57 % des femmes mariées ou en couple sont capables de faire leurs propres choix dans chacun de ces trois domaines.

A cet effet, le Dr Kanem a déclaré : « j'appelle les dirigeants mondiaux à réaffirmer les promesses faites au Caire il y a 25 ans afin de garantir la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation pour tous». Et de poursuivre : «en novembre, la communauté internationale aura une occasion historique de parachever l'œuvre de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) lors du Sommet de Nairobi marquant le 25e anniversaire de la CIPD, qui se tiendra au Kenya, où les gouvernements, les militants et les parties prenantes se rassembleront pour préserver les progrès accomplis à ce jour et tenir la promesse du programme de la CIPD, afin que personne ne soit laissé de côté.» Le rapport s'est également intéressé à 15 défenseurs du changement qui ont fait tomber les obstacles propres à leur milieu et influencé le paysage de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation pour en faire ce qu'il est aujourd'hui.

Selon le nouveau rapport de l'Unfpa, les efforts des mouvements de lutte en faveur des droits reproductifs ont fait chuter le nombre de grossesses non désirées et de décès maternels, et ont ouvert la voie à des vies plus saines et plus productives pour des millions de personnes. « Je tiens à les féliciter. Nous devons tous contribuer à repousser les forces qui voudraient nous renvoyer à une époque où les femmes n'avaient guère voix au chapitre dans la prise de décision relative à la santé reproductive ni, d'ailleurs, dans aucun domaine ayant trait à leur vie. La lutte pour le respect des droits et la liberté de choix doit se poursuivre jusqu'à ce qu'il devienne une réalité pour tous », a soutenu la directrice exécutive de l'Unfpa, le Dr Kanem.

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