Congo-Kinshasa: Alternance et après...

Si on ne change pas l'équipe qui gagne, on peut, par contre, gagner l'équipe qui change. Le changement dont il est question ici ne consiste pas en un simple jeu de chaise musicale où chacun s'y met par chance quand arrive son tour. Il devrait être plutôt question de proposer une alternative ou mieux une anti-dot à tous les antivaleurs qui minent la nation.

De même, il est difficile de faire du neuf avec du vieux, de même il est absurde d'aspirer au changement, à l'alternance, tout en (re)prenant les mêmes acteurs qui ont contribué au pourrissement du tissu socioéconomique congolais. À moins que l'on ne sache pas exactement ce qu'on cherche. Quoi donc ? Joseph Kabila est-il la matérialisation de la loi de la pesanteur qui stipule : qui que tu sois, au loin tu peux vociférer, une fois dans les voisinages de son diamètre, c'est la force de la pesanteur politique !

Et, c'est ici que le peuple devra s'assumer et réfléchir deux fois, avant d'opérer son choix sur ceux qui doivent guider sa destinée historique, c'est-à-dire des gouvernants qui obéissent au principe de redevabilité.

Se laisser éblouir par la luminosité d'une liesse d'acclamations simplement parce qu'un individu a cédé son fauteuil à un autre, c'est de la pure cécité d'esprit. La vraie alternance ne se limite pas au seul changement d'individus, mais plutôt des systèmes politiques. De deux choses, l'une : ou on opte pour la rupture ou on demeure dans la continuité ; mais pas zigzaguer entre les deux, en faisant semblant de miroiter au peuple un semblant de changement. Ce serait du vernissage d'un tombeau blanchi.

Au-delà de l'euphorie d'alternance au sommet de l'État, le pari du changement reste donc entier. Le chef de l'État en est conscient. Mais, pour le bien de tous, il devra agir et agir avec force afin de faire disparaitre certaines mauvaises habitudes qui se sont muées en système au pays. Là, il y a un prix à payer. Si l'on veut vraiment décoller, il faut impérativement rompre avec le vieux système. Sinon, à quoi servirait une alternance de façade sans proposer une alternative salvatrice ?

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