13 Avril 2019

Congo-Kinshasa: Enjeux de l'heure - La coalition FCC-Cach mal en point

Les jeunes de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti-phare de la coalition Cap pour le changement (Cach), appellent à la cessation de toute négociation et contact de leur président, Félix Tshisekedi, avec le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition de l'ex-président, Joseph Kabila, accusée de faire barrage à l'action gouvernementale.

Ça sent le désamour entre le FCC et le Cach, les deux plates-formes qui ont décidé, après les élections de décembre 2018, de convoler dans le cadre d'une gestion commune des institutions du pays.

Tel est le sens du partenariat politique qui scelle désormais les rapports entre les deux camps politiques dont les termes restent toujours inconnus du grand public.

Un partenariat qui, à l'heure actuelle, semble battre de l'aile à cause de la frénésie boulimique affichée par le camp de l'ex- président, Joseph Kabila, qui contrôle la quasi-totalité des institutions du pays, le Cach ne se contentant que d'une portion congrue.

Les derniers résultats des élections provinciales et de leurs bureaux, des sénateurs et des gouverneurs de province confirment, en effet, la prédominance du FCC dans une coalition qui, en somme, ne serait qu'un trompe-œil.

Tous ces scrutins ont traduit la volonté de la plate-forme de Joseph Kabila de ne rien laisser filer, n'en déplaise au Cach dont les responsables affichent de plus en plus une mine d'abattement. Le FCC, en effet, a gagné dans seize provinces sur vingt-quatre, ne laissant à son partenaire que le gouvernorat du Kasaï-Oriental.

Peter Kazadi, un des cadres du Cach, n'a pas manqué d'exprimer son dépit face à l'attitude du FCC qui ne respecterait pas les prescrits du partenariat en cherchant à perpétuer ses anciennes méthodes pour remettre à la surface des anciens dignitaires pourtant honnis par la population.

Il estime que la dynamique solitaire imprimée par le FCC, qui fait fi de sa coalition avec Cach, est suicidaire dans la mesure où elle conduit à l'élection, dans certaines provinces, des gouverneurs qui ne sont pas en phase avec la population.

A la veille des gouvernorales, a-t-il indiqué, une réunion s'était tenue entre les deux regroupements politiques dans le but de dégager un consensus autour de ce scrutin.

« Le FCC a estimé qu'il a sa majorité et qu'il doit tout gagner », a-t-il regretté, avant de lâcher sur un ton amer : « En même temps, ils nous font croire que nous sommes dans une coalition » !

"Rien ne marche depuis quatre mois"

En tout cas, chez les jeunes de l'UDPS, le parti-phare du Cach, la rupture est le maître-mot sur toutes les lèvres. Rupture d'une coalition improductive qui ne profite qu'à un seul camp, tel est le souhait de plus d'un.

Les extrémistes parmi les jeunes du parti de Félix Tshisekedi envisagent même la cessation de tout contact ou négociation avec le FCC, car n'ayant abouti, selon eux, à aucun résultat satisfaisant.

Aussi invitent-ils le chef de l'Etat à s'inscrire dans la logique d'une cohabitation et de nommer, à cet effet, et sans tarder, le formateur du gouvernement.

« Cela fait quatre mois et il y a deux ministres qui occupent trois, quatre portefeuilles parce qu'il y a beaucoup de ministres qui ont démissionné, qui ont été élus députés nationaux.

C'est intenable. Rien ne marche », dixit Yves Bunkulu, le président de la Ligue des jeunes du parti présidentiel. Et d'ajouter : « Nous sommes déterminés à accompagner notre chef à déboulonner ce système, parce que nous sommes d'une génération où nous nous sentons sacrifiés. Et le système ne peut pas continuer ».

Tout ceci laisse croire qu'il y a bel et bien un malaise au sein de la coalition gouvernementale FCC-Cach, bien que certaines langues tendent à faire croire le contraire.

Le dernier communiqué du FCC interpellant Félix Tshisekedi, dont les propos tenus en marge de sa visite à Washington n'étaient pas du goût des caciques de l'ancienne majorité présidentielle, est évocateur de l'état vacillant dans lequel se retrouve cette coalition.

La liberté prise par les ténors du FCC pour recadrer le chef de l'Etat, avec des termes à la limite désobligeants, avait entraîné une levée de boucliers à la dynamique de l'UDPS. Les jeunes du PPRD-FCC qui ne se sont pas laissés faire ont également rajouté à la cacophonie avec des répliques qui ont fait mal.

On ose croire que la prochaine rencontre entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi (dont la date n'est pas encore connue), destinée à trouver des convergences dans le processus des négociations pour la mise en place d'un gouvernement, permettra d'apaiser la tension de deux côtés au nom de la stabilité de la coalition.

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