14 Avril 2019

Libye: Le HCR s'inquiète du sort des migrants pris dans les combats

Photo: © Egyptian Presidency
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (centre), le chef des Services de renseignement égyptien Abbas Kamel (Droite) et le général libyen Khalifa Haftar (gauche), au palais présidentiel, au Caire, le 14 avril 2019.

Le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) demande la libération immédiate et l'évacuation des migrants incarcérés dans des centres de détentions exposés au conflit, qui fait rage dans le sud de Tripoli.

Alors que les violents affrontements entre les forces de l'armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar et celles du Gouvernement d'union nationale (GNA) ont déjà fait des dizaines de morts depuis le début de l'offensive de l'ANL, le 4 avril, les combats se sont concentrés ces derniers jours sur la banlieue sud de Tripoli, la capitale libyenne.

Or, « à Tripoli, il y a plus de 3 000 réfugiés qui sont dans des centres de détention et on a au moins trois centres de détention qui sont dans le Sud, beaucoup plus proches du conflit, et ils ne peuvent pas sortir », alerte Tarik Argaz, chargé de communication pour le HCR Libye. Situation d'autant plus préoccupante que les combats rendent difficile l'accès à ces populations. Le HCR a donc demandé, le 12 avril, la libération immédiate et l'évacuation de ces migrants, « parce que les autorités libyennes ne peuvent pas garantir leur protection ».

Mardi 9 avril, le programme des Nations unies a pu transférer 150 réfugiés d'un centre de détention d'Ain Zara « vers un centre du HCR qui est au centre de Tripoli, où on peut garantir leur sécurité ». Un début encore insuffisant, puisqu'il y a « plus de 1 400 personnes qui sont encore dans des centres de détention au Sud ».

Des détenus refusent d'être déplacés

Le HCR s'est également heurté à un écueil : 728 réfugiés et migrants détenus dans le centre de Qasr Bin Ghasheer, que l'organisation voulait transférer vers le centre de détention de Zintan, loin des affrontements, ont refusé d'être déplacés, demandant à être évacués hors de Libye. « C'est pour cela qu'on a lancé l'appel pour qu'il soient libérés. Comme ça, ils peuvent aller se protéger dans un autre endroit et ne pas rester exposés au conflit », justifie Tarik Argaz.

Par ailleurs, plus de 9 500 personnes ont été déplacées par les combats dans les environs de Tripoli, dont la moitié les 11 et 12 avril, toujours selon le HCR.

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