15 Avril 2019

Maroc: Intensification des manifestations contre les restrictions imposées par Alger aux camps de Tindouf

Le nombre des habitants des camps de Tindouf qui dénoncent les restrictions imposées à leurs déplacements vers l'Algérie et à l'intérieur même desdits camps prend de plus en plus de l'ampleur.

En effet, mercredi, le «Hirak pacifique», comme l'a désigné la presse pro Polisario, est monté d'un cran avec la sortie de groupes d'habitants du «camp Smara» dont plusieurs dizaines de femmes. Après la sortie de lundi dernier, des femmes et des jeunes du «camp de Boujdour» ont, eux aussi, réclamé l'abrogation de la décision de restreindre les déplacements ou un assouplissement des mesures prises par Alger et attribuées, officiellement, à la direction du Polisario. Des mesures ayant pour finalité d'interdire toute circulation des personnes et des biens à l'intérieur des camps et vers les villes algériennes et mauritaniennes.

«Il faut dire que ce durcissement ne porte pas la signature du mouvement de Brahim Ghali. Il a été décrété depuis Alger, et ce dès le début de son Hirak par un renforcement du cordon de la gendarmerie algérienne entourant les camps et par une réduction drastique des autorisations de sortie délivrées aux Sahraouis», nous confie une source proche du dossier. Pour elle, «les Algériens craignaient en effet une fuite des armes des camps vers le reste du pays».

«Ces décisions ont logiquement eu de néfastes conséquences sur les conditions de vie de la population. Les prix des produits de première nécessité et des carburants ont flambé, et l'activité des contrebandiers qui alimentaient régulièrement le marché local en a pris un sérieux coup», ajoute-t-elle.

Pour l'instant, les manifestations pointent du doigt la responsabilité du «prétendu ministre de l'Intérieur» du Polisario qui se transformerait en bouc émissaire au cas où les manifestations dégénèrent. Ce qui ne peut être exclu, sachant que près de 400 personnes ont repris, au milieu de la semaine devant le siège du soi-disant «ministère sahraoui de l'intérieur», leur mouvement de protestation contre la décision algérienne de limiter la délivrance des autorisations de circulation des véhicules et des personnes à l'intérieur et l'extérieur des camps.

Les manifestants, exaspérés par cette décision algérienne de ne leur délivrer les autorisations de sortie qu'une fois tous les 10 jours, ont entrepris de bloquer, à l'occasion du nouveau sit-in, l'accès du prétendu «ministère», en stationnant près de 200 véhicules devant ledit département.

Ne se limitant pas au blocage de ce prétendu ministère, les manifestants ont effectué une marche en direction du siège du prétendu «secrétariat national du Polisario », escortés par un cortège de plusieurs véhicules, avant de se replier vers le camp dit «Smara» (25 km à l'est de Rabouni), où ils ont organisé une autre marche de protestation. Ils se sont dispersés par la suite, sur l'engagement de reprendre leur action, le lendemain.

Ces nouvelles mesures drastiques ont été prises par les autorités algériennes à la suite des dernières défections dans les rangs de la milice du Polisario.

Un nouveau milicien du Polisario se rend aux FAR

L'hémorragie continue dans les rangs de la branche armée du Polisario. Dans le courant de la première semaine du mois d'avril, un jeune milicien, Sid' Ahmed B., 33 ans, s'est rendu aux Forces Armées Royales au niveau du mur de défense. Ce milicien qui était muni de son arme a exprimé la volonté de rejoindre la mère-patrie à l'instar de plusieurs de ses collègues qui en ont assez de survivre dans le mouroir de Tindouf et qui n'attendraient qu'un signe de sa part pour lui emboiter le pas.

Le nouveau rallié a été confié à la Gendarmerie prévôtale de Smara, comme le veut la procédure.

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