Centrafrique: La communauté internationale préoccupée par la mise en œuvre de l'accord de paix

Une délégation conjointe (Nations-unies-Union africaine-Union européenne) séjourne à Bangui pour aider à faire avancer l'application du document signé, le 6 février dernier, entre le gouvernement et quatre groupes armés, a-t-on appris.

Formée du Commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine (UA), Smaïl Chergui, du secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, et du directeur Afrique au sein du Service de l'action extérieure de l'Union européenne (UE), Koen Vervaeke, la mission durera jusqu'au 18 avril.

Cette délégation prendra part, le 17 avril, à Bangui, à la deuxième réunion du Groupe international de soutien à la République centrafricaine (RCA), destinée à renforcer l'appui de la communauté internationale à la mise en œuvre de l'accord de paix.

Pour le Commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, la visite de la mission conjointe s'inscrit dans la cadre de la « la consolidation du dialogue entre toutes les filles et tous les fils de ce pays ». Quant au secrétaire général adjoint de l'ONU, il a indiqué que leur tournée avait pour but de mobiliser tout le monde « pour avancer rapidement dans la mise en œuvre de l'accord ». « Aujourd'hui, il y a une fenêtre d'opportunités et il ne faudrait pas la laisser se refermer et nous sommes là pour aider à cette mobilisation. Cette visite a aussi pour objectif de regarder, avec tous les partenaires de la RCA, comment nous pouvons soutenir le plus vite et le plus efficacement possible la mise en oeuvre de tous les éléments clés de l'accord », a-t-il précisé.

En attendant de s'accorder avec les parties pour qu'elles respectent leurs engagements, Smaïl Chergui et Jean-Pierre Lacroix les ont appelées au sens de responsabilité, afin d'éviter la poursuite des violences dans certains départements du pays malgré la signature de l'accord de paix.

« Le moment est venu de taire les armes », a souligné le Commissaire à la paix et à la sécurité. « C'est l'un des objectifs de cette visite conjointe, à savoir rappeler aux uns et aux autres les responsabilités qui sont les leurs qui découlent de l'accord de paix. Nous attendons que la paix, la stabilité, le dialogue se renforcent chaque jour », a-t-il ajouté.

« Le recours à la violence met en péril l'accord de paix »

Jean-Pierre Lacroix a, pour sa part, dénoncé la violence qui se fait contre tout le peuple centrafricain. Tous ceux qui y ont recours « mettent en péril l'accord et la seule chance pour que la paix revienne en RCA », a-t-il prévenu. « Nous sommes mobilisés pour lancer cet appel et inciter chacun à prendre ses responsabilités. Le moment est vraiment venu pour se tourner vers la mise en oeuvre de cet accord qui est la chance pour le retour à la paix », a-t-il estimé.

Le programme de la mission conjointe prévoit, entre autres, des entretiens avec le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, le gouvernement ainsi que des représentants de partis politiques et de la société civile. La délégation doit aussi effectuer une visite de terrain à l'intérieur du pays.

Le président centrafricain espère que le gouvernement et les groupes armés parviendront sûrement à mettre en application le texte signé en février à Khartoum, au Soudan, et ayant débouché sur la formation d'un gouvernement incluant plusieurs de leurs membres. En effet, lors de sa visite, la semaine dernière, à Washington, il avait évoqué l'importance de l'accord, le huitième du genre signé depuis le début de la crise centrafricaine marquée par le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé. A l'occasion, il avait souligné que le document comportait des mesures sur des sujets cruciaux comme le partage du pouvoir.

Fin mars dernier, Faustin-Aarchange Touadéra avait désigné un nouveau gouvernement accordant davantage de portefeuilles aux groupes armés signataires de l'accord de paix.

La Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013, notamment après le renversement de François Bozizé par la Séléka, rébellion à majorité musulmane. Les exactions commises par cette coalition avaient suscité une riposte de milices d'auto-défense, baptisées antibalaka. Pour rétablir la sécurité, la France avait alors lancé l'opération militaire Sangaris, sous mandat de l'ONU.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.