15 Avril 2019

Sénégal: Abdoulaye Dièye - «On ne trouve pas d'explications sur sa pertinence»

Les raisons avancées par les présidents Senghor en 1963 et Diouf en 1983 pour supprimer le poste de Premier ministre (Pm), étaient compréhensibles. C'est l'avis du Professeur de Droit public à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Abdoulaye Dièye, qui ne trouve pas la pertinence pour le président Macky Sall se supprimer ledit poste. Il était l'invité de l'émission Objection de la radio Sud Fm d'hier, dimanche 14 avril.

L'idée émise par le chef de l'Etat, Macky Sall, concernant sa volonté de supprimer le poste de Premier ministre (Pm), continue de susciter des interrogations et autres polémiques dans le pays.

Si certains acteurs du camp présidentiel saluent ladite idée qui doit favoriser, à leur avis, une célérité dans le traitement des dossiers, d'autres par contre se posent toujours des questions sur la pertinence d'un tel choix.

Le Professeur de Droit public à l'Ucad, Abdoulaye Dièye, est de ceux qui cherchent toujours des explications à cette démarche du président Sall. Invité à l'émission politique Objection de la radio privée Sud Fm hier, dimanche 14 avril, le professeur de droit révèle «qu'on cherche, mais on ne trouve pas d'explications sur la pertinence de supprimer le poste de Premier ministre».

Sur les raisons de cette incompréhension, le Professeur Dièye rappelle que lors de la première suppression dudit poste, en 1963, par le président Senghor, l'explication fournie était compréhensible.

A son avis, «l'explication qui avait été donnée était pour éviter les affres du bicéphalisme inapproprié, et ça se comprend parce que nous sortions de la crise de 1962». Donc, il trouve qu'à l'époque, il fallait éviter d'avoir d'autres germes, pour prévenir d'éventuelles crises.

Poursuivant dans ses rappels, il dit que lors de la deuxième suppression dudit poste, en 1983, par le président Diouf, il était question «d'assoir son autorité en face de concurrents au dauphinat». Il comprend alors, pour un président qui venait d'accéder au pouvoir, deux ans auparavant, de se retrouver dans l'impératif «d'être seul à l'exécutif», face à ses concurrents.

Quid du cas du président Sall ? Sur ce point, le Professeur Dièye pense «qu'aujourd'hui, on se rend compte que ce n'est pas le même contexte». Il reste formel que le président ne se trouve dans la nécessité de se faire une place, afin de pouvoir gérer.

Il dit avoir l'impression que «depuis 7 ans, personne n'a senti que le président était gêné au niveau du pôle exécutif».

Donc, Pr Dièye dit être surpris par la décision du chef de l'Etat, Macky Sall, même si par ailleurs, il trouve qu'il ne faut pas spéculer sur les motivations du président Sall, dès lors qu'une loi constitutionnelle n'a pas encore été déposée à l'Assemblée nationale pour son approbation. Tout de même, il se demande si la réflexion a été «bien murie» par le président.

Le Pr Dièye a, par ailleurs, précisé qu'en supprimant le poste de Pm, le nature du régime change absolument. Pour lui, on va assister à «un exécutif très fort» et que les rapports entre les pouvoirs changeront, notamment l'exécutif et le législatif.

En termes plus clairs, le président ne pourra plus dissoudre l'Assemblée, tout comme l'Assemblée ne pourra pas déposer une motion de censure. «Est-ce que c'est bon ?», s'interroge-t-il, avant de répondre «je ne le crois pas». Parce qu'à son avis, il peut y avoir des blocages.

Sénégal

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