Mali: Peuls et dogons cheminent ensemble pour prévenir les conflits intercommunautaires

C'est désormais au sein d'une plateforme mixte que les jeunes de Tabital Pulaku et Ginna Dogon souhaitent communiquer et sensibiliser les communautés sur les questions de paix et de dialogue.

La plateforme mixte jeunesse Tabital Pulaku et Ginna Dogon qui a été créée en mars 2018 compte s'investir pour le retour de la paix au Mali et notamment dans le centre du pays en proie à des violences. Boukary Guindo est membre de Ginna Dogon et explique les racines du conflit. "A notre lecture, nous savons bien que ce n'est pas un conflit communautaire entre dogons et peuls. Même si ce sont des dogons et des peuls qui sont majoritairement cités parmi les victimes de conflit. Dans la région de Mopti (centre du Mali), le peuplement est vraiment hétérogène, il y'a plusieurs ethnies et toutes les ethnies se retrouvent. Nous nous sommes dit, qu'il ne faudrait pas faire un amalgame du conflit entre peuls et dogons."

L'absence de l'Etat mis en cause

"A propos de ce qui se passe sur le terrain, ce sont des groupes armés qui occupent le terrain en l'absence de l'Etat. La nature ayant horreur du vide, le gens ont pris des armes pour s'auto-défendre ou pour se protéger contre l'ennemi," souligne Mickailou Barry de l'association peule Tabital Pulaku.

La plateforme fait du désarmement des milices, un préalable au retour de la paix dans le centre du Mali. Elle projette de se rendre bientôt dans la zone pour mener une campagne d'information et de sensibilisation auprès de la population. "Au-delà des peuls et des dogons, nous comptions bien rassembler tous les jeunes de la région de Mopti afin que le message qui est maladroitement véhiculé par certains ne prennent pas corps," explicite Boukary Guindo, membre de Ginna Dogon.

D'autres actions figurent dans l'agenda de la plateforme mixte jeunesse tabital pulaku et ginna dogon. "Nous pouvons mettre la pression sur l'Etat à redéployer ses agents sur le terrain, nous allons bientôt aider nos autorités dans ce sens. C'est la seule façon qui puisse nous permettre de ne plus assister à des massacres de population civile comme celui d'Ogossagou (centre du Mali) le 23 mars 2019," conclut Mickailou Barry de l'association peule Tabital Pulaku

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