Congo-Kinshasa: 54ème tribune d'expression populaire - Les PVH prêtes à participer aux nouvelles institutions

Devant les membres des coordinations nationale et provinciale de la Fédération nationale des personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO), Me Patrick Pindu, coordonateur national, a présenté, au cours de la 54ème tribune d'expression populaire, les rapports d'observation électorale des élections organisées à Beni, Beni- ville, Butembo et Yumbi.

Avec l'aide de National Endowment for Democracy (NED) et World Movement For Democracy, la FENAPHACO avait 88 observateurs électoraux pour se rendre compte de la faisabilité des élections dans lesdits territoires. A cet effet, les irrégularités ont été observées à 33% seulement. C'est dire que le secret des votes n'était pas garanti dans 80% des bureaux de vote pour les malvoyants et les sourds-muets. Bref, il a été constaté que tous les bureaux de vote n'étaient pas accessibles pour les personnes vivant avec handicap et elles n'ont pas eu des témoins pour les candidats députés.

A cette occasion, Me Pindu Patrick a également présenté le rapport général sur le programme d'appui à la justice et assistance judiciaire des personnes vivant avec handicap. Ledit programme s'appuie sur les articles 13 notamment, de la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées et du protocole de la charte africaines des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées. Car, il a été remarqué que les personnes handicapées qui ont des problèmes en justices ont été toujours discriminées. C'est dire que les dossiers judiciaires des personnes vivant avec handicap ne sont pas pris en compte. D'où, 4 avocats ont été recrutés pour identifier les dossiers judiciaires des personnes vivant avec handicap dans les provinces de Kinshasa, Kwilu, Kongo Central, Kwango, Kasaï-Oriental, Kananga et Sud-Ubangi. Ces Avocats avaient pour mission de faire le suivi et plaider en faveur des PVH dans les juridictions judiciaires et commissariats de la police nationale congolaise.

En effet, ces Avocats devaient se rendre compte des conditions de détention des personnes vivant avec handicap dans des prisons.

Ainsi, 816 dossiers ont été identifiés. Et, seulement 136 dossiers judiciaires ont été traités et les personnes concernées relaxées. Dommage, plus de 200 dossiers n'ont pas été suivis faute de moyens financiers.

Après leur passage dans différentes prisons, ces avocats ont déploré les mauvaises conditions de détention des personnes vivant avec handicap. Occasion pour Me Pindu Patrick de lancer un SOS aux partenaires financiers et techniques de venir à la rescousse des ces Avocats pour leur permettre de poursuivre cette noble mission en faveur des personnes vivant avec handicap détenues illicitement. Franchement, le tableau est très sombre d'après les 4 Avocats qui ont été sur terrain.

Face aux enjeux politiques de l'heure, Me Pindu Patrick, s'appuyant sur les différents instruments juridiques nationaux et internationaux, a lancé une litanie d'attentes aux nouvelles institutions. Primo, les personnes vivant avec handicap demandent au Président de la République de pouvoir s'impliquer pour l'adoption d'une loi-cadre nationale protégeant les personnes vivant avec handicap en RDC par l'Assemblée nationale et le Sénat et sa promulgation par le Président de la République tel que stipule l'article 49 alinéas 3 de la Constitution de la RDC. Secundo, elles demandent l'implication du Président de la République dans la participation des PVH dans les institutions de la RDC. Elles demandent leur participation à l'Assemblée plénière de la CENI qui doit être restructurée prochainement...

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