Congo-Kinshasa: Le recadrage

Le président de la République est, depuis dimanche 14 avril, à Goma, province du Nord-Kivu pour se rendre compte de l'insécurité qui a élu domicile dans cette partie du pays. Il revenait de Lubumbashi dans le Haut-Katanga où il a présidé le Conseil national de sécurité pour avoir une idée générale sur la situation sécuritaire dans le pays.

Réunion au cours de laquelle il a pris la décision d'interdire tout détachement des militaires, des policiers et des éléments de la garde républicaine dans le gardiennage et les sociétés minières sur toute l'étendue du territoire national. Cela après avoir décrié le manque d'encadrement des hommes de troupes de ces différents corps.

À Goma, le chef de l'État a aussi fait le même constat malheureux du vagabondage des hommes en uniformes, surtout des officiers même supérieurs. D'ailleurs, pendant son séjour, des compatriotes sont en train de tomber, comme des poules malades, sous les balles des groupes armés qui écument les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri.

Il n'est pas trop tard pour mieux faire, dit-on. Il est nécessaire de séparer le bon grain de l'ivraie. Car on assiste à un retour à la situation que le pays a connu à la fin de l'ère Mobutu où les militaires étaient devenus la crainte majeure de la population. Les galonnés ne sont pas épargnés. Comme sous la 2ème République, les hommes en uniformes vivent sur le dos de la population par le biais d'exactions et de spoliations constantes, dans les villes, centres urbains et en zones rurales.

En principe, l'armée exerce un rôle de maintien de l'ordre public, aux côtés de la police nationale. Mais les deux corps se disputent la palme d'oppresseur des populations. À Kinshasa comme dans les autres provinces, les chefs sont devenus des affairistes œuvrant dans plusieurs secteurs de la vie nationale. Surtout dans l'exploitation frauduleuse des substances précieuses.

Il faut nettoyer les écuries en se dotant d'une armée républicaine, bien gérée, dont les forces sont casernées. Certains officiers sont mêmes sous le coup de sanctions internationales pour leur rôle dans la répression des manifestations et pour des accusations de violations des droits de l'Homme. D'autres n'ont pas échappé aux mesures restrictives décidées à Bruxelles et à Washington. Mais ils continuent à bénéficier au pays d'égards indus et sont gratifiés de l'ascension en grades et fonctions. Le recadrage vaut son pesant d'or.

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