Burkina Faso: Lutte antiterroriste - Les dernières nouvelles du front

C'est donc mission accomplie. Félicitations, donc mon général. Si on en croit, en effet, le chef d'état-major général des armées, Moïse Miningou, qui faisait vendredi dernier le bilan d'Otapuanu, cette opération a permis de restaurer l'autorité de l'Etat à l'est et au centre-est du pays.

Bilan : plus de cent personnes interpellées ; 7 militaires burkinabè décédés et 9 blessés, une centaine d'écoles rouvertes sur les deux cents qui étaient fermées.

On ne peut donc que s'en féliciter, même si la question se pose de savoir si ces zones ne tomberont pas de nouveau dans l'insécurité quand l'opération finira.

Le général de brigade a beau promettre que le bataillon Badenya 6, rentré en catastrophe du Mali, restera sur place pour veiller au grain, on peut nourrir de légitimes inquiétudes quand on sait qu'on ne peut pas mettre un militaire devant chaque école ou devant chaque citoyen.

Le plus difficile dans cette guerre contre l'ennemi invisible, c'est que quand on le tue ici, il renaît là. Rendant interminable cette folle poursuite entre Forces de défense et de sécurité (FDS) et terroristes.

Ainsi, pendant que la partie orientale est en voie de sécurisation, c'est le Sahel et le Centre-Nord qui font l'objet de toutes les inquiétudes depuis un certain temps. Pour ne parler que de ces derniers jours, on a recensé de façon non exhaustive les situations suivantes :

- attaque du camp de déplacés de Goudebou le mercredi 10 avril : bilan un gendarme tué ;

- gendarmerie de Namsigui dans la commune de Bourzanga, province du Bam, un gendarme tué alors qu'il défendait ladite gendarmerie le jeudi 11 avril ; celle de Bourzanga, située à 20 km, a été ciblée une semaine plus tôt ;

- attaque de gendarmerie de Ouanobyan, commune de Pissila sur l'axe Kaya-Dori, le vendredi 12 avril ;

- attaque du commissariat d'Essakane le 12 avril ;

- incendie d'un débit de boissons à Bam-village au secteur 7 de Kongoussi le vendredi 12 avril ;

- incendie d'un maquis et tirs dans un lycée privé de Pissila hier 15 avril dans l'après-midi.

A cette situation explosive s'est greffé un conflit intercommunautaire à Arbinda qui a fait 62 morts, selon des sources officielles. Plus que jamais, la situation est préoccupante dans ce triangle de la mort : Soum, Bam et Sanmatenga.

Selon des sources concordantes, Arbinda serait d'ailleurs coupé du reste du pays depuis le week-end écoulé en raison de la présence de terroristes sur les axes routiers et dans les villages. Difficile pour les véhicules d'y entrer ou d'en sortir.

On y signale l'enlèvement du pharmacien de Yalanga. Des sources locales indiquent que les terroristes, qui ont déferlé par dizaines, voire par centaines dans la région, auraient trouvé refuge dans les forêts de localités comme Pagnôn, Gaslebango, Hourfaré et Kobao. Heureusement que la végétation y est moins dense, voire clairsemée, par endroits.

Les assaillants auraient d'ailleurs édicté de nouvelles règles dans certaines localités en prévision de l'hivernage : ainsi, il serait formellement interdit aux hommes de cultiver dans le même champ que les femmes et d'utiliser des animaux de trait comme les bœufs ou les chameaux dans les travaux champêtres.

La situation se dégrade, plongeant les populations dans le désarroi avec le sentiment d'être abandonnées à leur sort surtout qu'au fil des attaques, elles ne voient pas de réaction rassurante des FDS. Et si rien n'est fait avant la saison des pluies, on court à la catastrophe.

Vivement donc une opération de type Otapuanu pour restaurer l'autorité de l'Etat, qui part en lambeaux et soulager les populations, qui ne savent plus à quelles FDS se vouer.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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