Congo-Kinshasa: Ville de Kinshasa - Contrôle technique des véhicules, les routes d'abord !

16 Avril 2019

Annoncée depuis deux semaines avec tambours et trompettes, la campagne de contrôle technique des véhicules qui devait démarrer hier lundi 15 avril 2019 sur toute l'étendue de Kinshasa, a été renvoyée à deux mois, sur décision du gouverneur intérimaire de la ville, Clément Bafiba.

Si les raisons profondes du moratoire n'ont pas été données, néanmoins l'on pense que ce report a été dicté par le fait que la majorité de transporteurs kinois n'étaient pas encore prêts pour le contrôle de leur charroi automobile. D'ailleurs, ce n'est que la semaine passée que la liste des centres de contrôle technique agréés a été rendue publique. Et que d'autre part, le retrait soudain de la circulation de la plupart des bus, minibus, des camions et camionnettes, allait perturber sérieusement le déplacement des Kinois et des marchandises dans leur ville.

Surtout que la semaine prochaine coïncide avec la rentrée des classes pour les élèves des écoles primaires et secondaires. On allait à coup sûr, renouer avec le spectacle désolant de milliers de gens grillant sous le soleil aux arrêts de bus, et des colonnes interminables des piétons qui faisant le marathon le long de grandes avenues, en route pour leurs communes de résidence, ou pour se rendre à leurs lieux d'activité.

Que la campagne ait été arrêtée avant d'avoir débuté, n'enlève pas la pertinence et l'importance du contrôle technique des automobiles dans la ville de Kinshasa, où l'on continue d'assister aux scènes surréalistes de ballets incessants de véhicules agonisants d'une autre époque. Des camions dépourvus de pare-chocs, de pare-brises et de rétroviseurs, qui ne freinent que grâce à un tronc d'arbre placé avec précaution avant les pneus arrières. Les moteurs défectueux qui vrombissent comme de vieux chars de combat, réclament à tout bout de champ le ravitaillement du radiateur surchauffé avec de l'eau froide. Ce sont ces fantômes automobiles surnommés « Ndolo Libongo » qui assurent le transport des produits vivriers en provenance de l'arrière-pays.

Ils font des navettes entre les ports privés de Ndolo et de Kingabwa et les marchés de nos communes. Dans les virages, pour dompter le volant rebelle, le chauffeur est obligé d'être assisté de son convoyeur. Dans les bus avec deux rangées de bancs en bois dur, l'absence de confort et des vitres coulissantes rend l'habitacle infernal par temps de canicule. Par contre, les minibus fumants avec des fuites de gaz d'échappement à bord, aux cinq ou sept banquettes, coincent les jambes de passagers. Faute de phares, des clignotants et de feux de position, on ne sait quel type de véhicule est en circulation la nuit sombre et sur des artères sans réverbères allumés. Et des accidents sont vite arrivés avec des conséquences incalculables.

Délabrement de routes de Kinshasa : un des nombreux facteurs de défectuosité de véhicules

De nombreux propriétaires d'automobiles tout en reconnaissant l'importance du contrôle technique de leurs engins mis en circulation, ont déploré l'état de délabrement de nos routes. En effet, sur la plupart des tronçons, l'asphalte a disparu et des nids de poule ont apparu. Dans certains coins de Kinshasa, des cratères « volcaniques » de paysages lunaires ont contraint les chauffeurs à emprunter d'autres voies et réduit les riverains à un enclavement rigoureux. On se croirait sur certaines planètes du système solaire. Presque partout, des pistes de rallye ont remplacé des routes jadis en bon état. Et à force de fréquenter ces pistes de rallye de brousse, les mécaniques sont vite délabrées et requièrent de réparations continuelles.

Comme l'a stigmatisé dernièrement Marie Muabi, responsable du Centre de contrôle technique automobile de Ndjili, cette opération décidée par les autorités urbaines, devrait être l'occasion de connaître la vérité de l'état mécanique de la plupart des véhicules mis en circulation à Kinshasa, afin d'extirper de nos routes, les tombeaux roulants. Pour cette députée nationale, les propriétaires des automobiles devraient s'abstenir de recourir aux réseaux maffieux de délivrance des certificats de contrôle technique de complaisance.

Il nous faut également insister sur le sérieux qui devrait accompagner les tests mécaniques et électroniques de véhicules dans les divers centres de contrôle technique, le respect du code de la route par tous les usagers de route, en priorité les conducteurs, et enfin, la limitation de vitesse dans les grandes agglomérations, les avenues longeant les marchés, les écoles, les églises et les centres commerciaux.J.R.T.

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