16 Avril 2019

Congo-Kinshasa: Insécurité au Nord-Kivu - Mise en garde du Chef de l'Etat aux tireurs de ficelles

Accueilli en « libérateur » par les compatriotes de Goma, le dimanche 14 avril 2019 en début de soirée, à son arrivée dans cette ville, en provenance de Lubumbashi, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a mesuré, à sa juste valeur, la soif de paix qui les habite, d'autant plus qu'il leur avait promis la sécurisation totale de leur province, lors de sa campagne électorale, en décembre 2018. Le premier d'entre les Congolais, qui n'a pas la mémoire courte, s'est présenté au chef-lieu du Nord-Kivu avec la ferme attention de passer de la parole aux actes.

C'est un Félix Tshisekedi visiblement agacé par la persistance des poches d'insécurité à Beni, Butembo et Goma qui a commencé par réunir, hier lundi 15 avril, tous les responsables civils et militaires de cette province pour se faire insistant sur l'impératif du retour rapide de la paix et de la sécurité dans cette partie de la République. Tous ont été invités à prendre leurs responsabilités afin de mettre un terme aux activités des groupes armés, internes comme externes, afin de permettre à la population de vaquer librement à ses occupations.

Dans une seconde réunion avec les députés nationaux et provinciaux du Nord-Kivu, le Président de la République a lancé une sévère mise en garde à tous ceux qui s'évertuent à tirer les ficelles dans l'ombre, dans le dessein ignoble d'instrumentaliser les forces négatives et d'empêcher les populations de cette province de vivre en paix, à l'instar de leurs frères et sœurs d'autres contrées de la République.

Les observateurs osent croire que l'avertissement du Chef de l'Etat n'est pas tombé dans des oreilles de sourds, dans ce puzzle du Nord-Kivu où les ennemis de la paix se recrutent aussi bien dans les cercles de l'armée, de la police, des services des renseignements que des politiciens. En effet, pour des raisons faciles à deviner, et largement liées au pillage des ressources minières, des individus qui ont fait de l'insécurité leur fonds de commerce, ne veulent pas que les choses changent dans le sens de son éradication et de la restauration de l'autorité de l'Etat.

Soucieux de relever le défi de la pacification du Nord-Kivu, à la fois par le dialogue avec toutes les forces vives de cette province, y compris les chefs des milices et leurs parrains politiques connus, le Chef de l'Etat n'a pas fait mystère de sa détermination à ne pas échouer.

Aussi a-t-il tenu à faire savoir aux officiels onusiens avec qui il a échangé sur la même question, à mobiliser davantage la Monusco en vue de l'accompagnement de la RDC dans ses efforts d'éradication des groupes armés qui continuent d'y entretenir l'insécurité.

Tout le monde attend maintenant, après le passage du Chef de l'Etat, que les choses bougent dans le sens du début de la fin du règne des seigneurs de guerre, nationaux comme étrangers, dans la province du Nord-Kivu. A lire l'engagement de tous à cheminer avec FélixTshisekedi dans la voie de la paix, on peut espérer, à bref délai, des lendemains plus apaisés pour des populations privées de paix depuis plus de 20 ans.

Congo-Kinshasa

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