16 Avril 2019

Algérie: Démission du président du Conseil constitutionnel - Vers une victoire du peuple?

Le président du Conseil constitutionnel algérien, Tayeb Belaiz, a rendu le tablier hier, 16 avril 2019. Mais l'homme n'a donné aucune raison officielle sur cette décision qui réjouit plus d'un Algérien. A-t-il été poussé à la sortie ou a-t-il décidé en âme et conscience, de débarrasser le plancher pour sauver son pays d'un éventuel chaos?

Les jours à venir nous situeront davantage. Mais d'ores et déjà, l'on peut se féliciter de cette démission. Car, c'est une autre victoire pour le peuple algérien en lutte depuis des semaines, et qui, de surcroît réclamait à cor et à cri sa tête. Reste que cette démission volontaire ou forcée, ne saurait calmer la rue.

Tant que les deux autres caciques de l'ancien régime, Bedoui et Bensalah, respectivement Premier ministre et chef d'Etat par intérim, ne lâcheront pas prise, le peuple restera toujours mobilisé. Cela est d'autant plus évident que le peuple qui bat le pavé depuis bientôt 9 semaines, n'est pas vent debout contre un individu mais plutôt contre un système.

Et ceux qui l'incarnent aujourd'hui ne sont autres que les 3 B, à savoir Belaiz, Bédoui et Bensalah. Et l'on pourrait se risquer à dire qu'après la démission du premier, l'étau se resserre désormais autour des deux autres qui continuent de s'accrocher à leur fauteuil malgré la clameur du peuple.

Jusqu'à quand tiendront-ils face au peuple qui ne montre pas de signe d'essoufflement ? Bien au contraire, la lutte semble entrée dans une nouvelle phase avec l'entrée en scène des magistrats qui avaient

menacé de boycotter l'élection présidentielle avortée, initialement prévue pour le 18 avril si Abdelaziz Bouteflika était candidat.

Un pavé de plus dans la mare politique algérienne

Ces derniers sont revenus à la charge cette fois-ci non seulement pour réitérer leur refus de cautionner la pérennisation du système en place à travers leur participation à l'organisation du scrutin prévu pour le 4 juillet prochain, mais également pour se démarquer des méthodes répressives de la police anti-émeute en annonçant leur refus de juger les manifestants qu'ils estiment être arbitrairement arrêtés.

Les hommes en noir exigent par ailleurs d'être libérés de la tutelle politique, afin d'agir de façon indépendante dans l'intérêt du peuple. En plus des Hommes de loi, une quarantaine de maires menacent également de boycotter le futur scrutin.

Même si leur nombre peut paraître insignifiant par rapport à la totalité des élus locaux dont dispose l'Algérie, il n'en demeure pas moins que leur combat est un symbole fort. On pourrait d'ailleurs se hasarder à dire que leur combat a commencé à porter fruit avec la démission du président du Conseil constitutionnel.

En tout cas, cette sortie inédite des magistrats et maires est, le moins qu'on puisse dire, un pavé de plus dans la mare politique algérienne déjà trouble, d'autant qu'elle intervient au moment où l'Armée et le pouvoir intérimaire de Bensalah entendent conduire à terme la transition en cours, malgré la bronca des contestataires qui prônent plutôt la mise sur pied d'institutions ad hoc qui vont conduire le pays à des élections transparentes.

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