17 Avril 2019

Congo-Kinshasa: La concession de l'ACP spoliée !

Si rien n'est fait d'ici là, l'Agence Congolaise de Presse (ACP), cette unique agence officielle de l'Etat congolais, verra son personnel jeté dans la rue et placé dans une situation où il ne saura plus travailler. C'est la conséquence d'une décision judiciaire rendue en date du 25 mars 2019 par le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, mais qui venait seulement d'être signifiée à l'ACP le lundi 15 avril.

Ce jugement ordonne la cession d'une partie de la concession de l'ACP à un individu - dont l'identité n'est pas révelée. Selon des sources concordantes, il s'agirait d'un expatrié - qui prétend en détenir le droit de propriété. Ledit jugement ordonne aussi l'annulation du certificat d'enregistrement que détient l'Agence depuis des décennies, lequel avait été obtenu en bonne et due forme. On rappelle que c'est en 1973 que cette concession qui abrite les services de l'Agence congolaise de presse avait été achetée par le gouvernement pour le compte de l'AZAP (Agence zaïroise de presse) devenue ACP en mai 1997.

On apprend que l'ACP a décidé d'aller en appel pour s'attaquer au fameux jugement qui non seulement a surpris tout le personnel de l'Agence, mais a suscité également l'étonnement de tous quant à sa motivation.

Les responsables de l'ACP, qui dénoncent cette énième tentative de spoliation du patrimoine de l'Etat congolais, renseignent que le Parquet général de la République avait saisi, il y a environ trois ans, la Direction de l'ACP par écrit pour le prévenir de l'existence d'un réseau de spoliateurs. Et leur concession comptait parmi les cibles visées par les maffieux.

Nécessité de décourager la pègre spoliatrice

On rappelle qu'il y a peu, il a été décidé la mise sur pied d'une commission spéciale chargée de repérer à travers le territoire national tous les cas de spoliation dont l'Etat est victime et les examiner minutieusement en vue de permettre aux nouvelles autorités de prendre des décisions qui s'imposent. Cette commission est placée sous la direction du ministre intérimaire des Affaires foncières.

A propos de la menace de spoliation qui pèse sur l'Agence congolaise de presse, il importe de rappeler qu'à une certaine époque, vers 2008-2009, plusieurs terrains appartenant aux établissements publics avaient fait l'objet d'occupations illégales qui avaient suscité pas mal d'interrogations et inquiétudes dans l'opinion. Des terrains d'établissements scolaires ainsi que des concessions abritant les services publics de l'Etat avaient été victimes des constructions anarchiques:

Athénée de la gare, le Jardin botanique de Kinshasa, la boucle du Marché central de Kinshasa, l'ACP, le terrain situé au croisement des avenues Wangata et Tabu Ley (ex-Tombalbaye) mieux connu sous l'appellation de « terrain Mama Yemo », parce qu'appartenant à l'hôpital général de Kinshasa, ex-Mama Yemo. Heureusement pour ce dernier cas, en l'occurrence le terrain « Mama Yemo », la détermination du personnel de l'hôpital avec en tête le directeur général ainsi que les jeunes des communes de Kinshasa et Lingwala avait fait reculer l'envahisseur. Ils s'étaient soulevés pour dire non à la spoliation du bien commun. Ce qui fait que des moellons, caillasses et autres matériels de construction qui y étaient déjà stockés, avaient disparu sans que le propriétaire ait le courage de demander la direction qu'ils avaient prise.

Pour revenir au dossier ACP, il faut dire que tout est parti du fameux contrat d'exploitation des magasins au rez-de-chaussée de l'immeuble conclu en 2008 on ne sait par qui et pour quelle clause. Idem pour le terrain de l'Athénée de la gare envahi par des immeubles !

On se souvient seulement qu'un ministre à l'époque, en l'occurrence Toussaint Tshilombo de la Communication et des Médias pour ne pas le citer, avait été remercié du gouvernement pour s'être opposé à l'occupation du bâtiment abritant les services de l'ACP par des magasins des particuliers. Deux semaines avaient suffi pour que le ministre soit chassé du gouvernement. Son péché était d'avoir dénoncé le dossier dans une plénière de l'Assemblée nationale sous la présidence de Vital Kamerhe.

Il avait informé les députés du manquement dont il avait été l'objet de la part d'un sujet libanais à cause de son opposition affichée à l'occupation de l'immeuble ACP. Le fameux expatrié lui avait prévenu en langue Lingala qu'il allait «sauter» au cas où il continuait à opposer son refus au projet d'occupation du bâtiment ACP.

Voilà un dossier dont la Commission de spoliation devra se saisir pour accompagner le Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, dans sa détermination à mettre fin à toutes sortes d'antivaleurs qui avaient été érigées en système de gouvernance en RDC et redonner au pays ses lettres de noblesses. Il faut également pour décourager définitivement tous ceux ou toutes celles qui, nationaux comme étrangers, avaient cru avoir pris la République en otage.

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