Soudan: Le chef de l'ONU appelle au calme face à l'escalade de la violence

28 Décembre 2018

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé au calme et à la retenue au Soudan qui connaît une escalade de la violence et a demandé aux autorités de mener une enquête approfondie sur les décès signalés et les violences.

M. Guterres a présenté ses condoléances à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans cette violence.

« Le Secrétaire général souligne la nécessité de préserver la liberté d'expression et de réunion pacifique », a ajouté son porte-parole dans une déclaration à la presse publiée vendredi soir.

Deux experts de l'ONU ont également exprimé vendredi leur inquiétude face à l'escalade de la violence au Soudan et aux informations faisant état de manifestants tués au cours de récentes manifestations contre la hausse des prix et la pénurie de produits alimentaires et de carburant.

« Le droit à la liberté de réunion pacifique est un élément inhérent aux démocraties », a déclaré Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d'association, dans un communiqué de presse.

Il s'est dit profondément préoccupé par les informations faisant état de l'utilisation de balles réelles par les forces de sécurité gouvernementales lors des manifestations qui secouent le pays depuis le 19 décembre. « Le gouvernement doit répondre aux griefs légitimes du peuple soudanais », a déclaré le Rapporteur spécial.

L'Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Soudan, Aristide Nononsi, a déclaré de son côté que le recours à la force meurtrière était inacceptable lors du contrôle des manifestations.

« La dissidence doit être tolérée et non maîtrisée avec une force excessive pouvant entraîner la mort. J'exhorte les forces de sécurité soudanaises à faire preuve de la plus grande retenue afin d'éviter l'escalade de la violence et à prendre des mesures immédiates pour protéger le droit à la vie des manifestants », a dit M. Nononsi dans le même communiqué de presse.

Les deux experts ont déclaré être préoccupés par les informations faisant état d'arrestations arbitraires et de détentions d'un nombre indéterminé de manifestants, y compris d'étudiants et de militants politiques. « Nous appelons les autorités soudanaises à libérer ces détenus. Nous exhortons également les autorités à mener des enquêtes indépendantes et approfondies et à veiller à ce que les forces de sécurité gèrent les manifestations de manière conforme aux obligations internationales du pays en matière de droits de l'homme », ont-ils dit.

Les deux experts des Nations Unies ont rappelé que le gouvernement soudanais s'était engagé en mai 2016 à créer un environnement propice au dialogue inclusif et à la mise en place de réformes favorisant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

« Les événements de ces derniers jours ne démontrent pas cet engagement », ont-ils déclaré. Ils ont dit qu'ils étaient prêts à coopérer avec les autorités et les parties soudanaises pour œuvrer à la création d'un État dans lequel les droits de l'homme seraient essentiels et où la primauté du droit serait respectée.

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