17 Avril 2019

Cote d'Ivoire: Ouverture du dialogue national sur le financement de la santé - Aka Oouélé présente un plan d'investissement de 1613 milliards FCFA

Le système sanitaire ivoirien est mal en point. Les maux dont il souffre l'ont même contraint à garder le lit. Et, depuis hier des personnes sont à son chevet. Il s'agit des membres de la société civile, des partenaires techniques et financiers (Ptf), du secteur privé et du gouvernement.

Ces quatre entités dans ce qu'il est convenu d'appeler le dialogue national sur le financement de la santé vont essayer de s'accorder sur le remède à administrer au malade afin qu'il retrouve la pleine forme.

Initié par le Gouvernement, le dialogue national sur le financement de la santé se veut en fait, un espace de dialogue ouvert, inclusif et transparent de l'ensemble des acteurs intervenant dans la santé en Côte d'Ivoire sur la problématique centrale du financement durable du secteur.

C'est donc à juste titre qu'à l'ouverture des travaux, à Sofitel Hôtel ivoire, le ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Dr Aka Aouélé, a insisté sur la nécessité de bien identifier le mal.

« Pour les deux prochains jours, il s'agira pour nous, de poser les bons diagnostics en matière de financement de la santé, de les conforter par des éléments de preuve, puis de nous accorder sur les stratégies et les mesures essentielles pour assurer un financement adéquat des interventions », a-t-il lancé.

Le premier responsable de la santé n'a toutefois pas manqué de donner quelques indications sur les maux qui minent le système sanitaire. Il s'agit du défi de la performance. La Côte d'Ivoire étant l'un des pays ayant les taux de mortalité maternelle, néonatale, infantile et infanto-juvénile les plus élevés au monde.

A cela s'ajoute les maladies infectieuses et virales comme le VIH, la tuberculose et le paludisme qui représentent une lourde charge de morbidité. « Ces maladies causent près de 12 % des décès annuels.

En outre, l'augmentation rapide de l'incidence des maladies non transmissibles tels le diabète, l'hypertension artérielle, entraîne une charge de morbidité double, voire triple si on considère la progression des accidents de la voie publique, qui fragilise davantage le système de santé », a déclaré le ministre de la Santé, précisant que les maladies transmissibles, maternelles, néonatales et nutritionnelles sont les principales causes d'invalidité et de mortalité, et représentent 62 % de la charge de morbidité.

Il n'y a pas que le défi de performance. Il y a aussi celui de l'efficacité des interventions et des priorités. En tout état de cause, le ministère, a indiqué Aka Aouélé, a pris les devant en proposant un plan d'investissement 2019-2024 chiffré à 1613 milliards FCFA.

Ce dossier d'investissement, selon le ministre de la Santé, décrit les interventions prioritaires en faveur de la santé de la mère, de l'enfant et de l'adolescent et les réformes favorables à ces interventions, avec pour objectif de réduire le ratio de mortalité maternelle et infanto-juvénile à l'horizon 2023.

Il s'agira, a-t-il poursuivi, d'un ensemble d'actions à mener dans sept domaines d'interventions prioritaires à savoir le renforcement de la santé communautaire ; l'amélioration de la qualité des soins ; le renforcement de l'intégration du secteur privé ; le renforcement de la chaine d'approvisionnement ; l'amélioration de la disponibilité de personnels qualifiés; le renforcement du système d'information sanitaire et la mise en place des réformes pour améliorer la performance globale du système de santé.

Dans son intervention, Mme Sanogo épouse Koné Solange, au nom de la société civile, a déploré la faiblesse des activités préventives et une forte dépendance du système des ressources extérieures.

M. Stéphane Aka Angui du patronat a promis un engagement du privé dans le financement des activités. Le point culminant de cette semaine sera sans nul doute le sommet présidentiel sur la santé du 18 avril.

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