Madagascar: Candidats aux législatives - « Des farfelus, des parvenus et des opportunistes », selon le SeFaFi

Le grand nombre des candidats « indépendants », 515 sur un total de 803, témoigne de l'affaiblissement des partis et de la montée de l'individualisme en politique.

A l'approche des législatives qui se tiendront le 27 mai prochain, le SeFaFi apporte son point de vue. Les citoyens choisiront 151 députés parmi 803 candidats, aux profils contrastés. Selon l'observatoire de la vie publique, « on y trouve de tout : des farfelus, des parvenus et des opportunistes ; des criminels couverts par leur immunité parlementaire et des entrepreneurs véreux ; on y rencontre même des gens sérieux et compétents, mais les électeurs si souvent abusés sauront-ils les reconnaître ? ».

Pour que les citoyens votent en connaissance de cause, le SeFaFi souhaite éclairer l'opinion publique sur quelques aspects fondamentaux de cette élection : la raison d'être d'un député ; les conditions d'une élection transparente ; le respect du choix des citoyens ; et les avantages matériels offerts aux députés...

Bilan de la dernière législature. L'article 68 de la Constitution est limpide : « le Parlement comprend l'Assemblée nationale et le Sénat. Il vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ». Or les députés, volontairement ou non, ne remplissent pas leurs responsabilités. Ils font tout autre chose, pour se faire bien voir des électeurs ou pour en tirer des bénéfices personnels : il ne leur revient pas de paver des rues, d'équiper des écoles, d'installer des bornes fontaines ou d'offrir des ballons de foot et des couvertures. Ces actions démagogiques n'ont rien à voir avec la fonction de député. De plus, elles ne sont pas financées sur les fonds propres des élus, mais avec de l'argent mis à disposition par l'Assemblée nationale, même s'ils se gardent bien de le mentionner.

A cet effet, le SeFaFi a dressé un bilan de la dernière législature: de 2014 à 2018, l'Assemblée nationale aurait voté 271 textes. La durée des travaux en séances plénières a été de 262 heures en 2014, 167 h en 2015, 120 h en 2016, 124 h en 2017 et seulement 51 h en 2018 ! En tout, 344 heures auraient été consacrées aux activités législatives et 166 heures au contrôle des activités du Gouvernement par des questions-réponses souvent sans réel intérêt. Quant à l'évaluation des politiques publiques les députés l'ont totalement ignorée. Au vu de ces chiffres, les heures consacrées aux travaux en séances plénières n'ont cessé de baisser.

Laxisme total. En dépit des déclarations lénifiantes de la CENI et de la HCC, chacun sait que les élections restent largement manipulées. Ni l'une ni l'autre ne s'inquiètent de ce que 2,5 millions d'électeurs, soit 1 sur 5, ne figurent pas sur la liste électorale. La loi électorale scélérate de 2018, adoptée par quelques députés ouvertement corrompus, n'est toujours pas amendée en lien avec la société civile, alors que l'exécutif peut légiférer par ordonnances. Pendant ce temps, la CENI et la HCC ergotent sur le sens du mot « pré-campagne », une période qu'il est pourtant indispensable d'encadrer pour assurer une véritable égalité de chances à tous. Le champ étant laissé libre aux magouilles et à la démagogie, les partis et candidats ont déjà entamé leur campagne électorale.

Quant au financement de ces élections, le laxisme est total. En l'absence d'une transparence financière satisfaisante, comment lutter contre la corruption des candidats et l'achat des électeurs ? À l'instar des présidentielles, le candidat n'a pas à justifier l'origine des fonds utilisés, qu'ils proviennent du pays ou de l'étranger. Et aucune justification des dépenses n'est demandée. Le SeFaFi de déplorer également que « le nomadisme politique est en effet devenu le sport favori de nombreux spécialistes du « retournement de veste ».

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