Mali: Crise malienne - La socièté civile lance une quête en soutien aux déplacés

Les conflits qui sévissent en Afrique subsaharienne, notamment au Mali depuis 2013, ne laissent pas inerte les acteurs de la société civile sénégalaise qui ont décidé de mettre en place un Comité de solidarité et d'action pour la paix au Mali et dans la sous-région (Copam/Sr).

En conférence de presse, hier mardi, ils ont dénoncé les massacres dont sont victimes les populations civiles maliennes, non sans tirer la sonnette d'alarme sur ce qu'ils qualifient de «crise interethnique».

La société civile sénégalaise, pour plus d'efficacité et de synergie, a décidé de mettre en place un Comité de solidarité et d'action pour la paix au Mali et dans la sous-région (Copam/Sr).

Ce comité a pour objectif de constituer un Cadre unitaire de toutes les bonnes intentions et volontés dans la recherche de solutions durables à cette crise qui perdure.

Du point de vue spécifique, le comité va contribuer, aux côtés des Etats, à ramener la paix et la stabilité dans tout le territoire malien et dans la sous-région.

Aussi, il s'agira pour ledit comité d'apporter au plus vite une aide matérielle et logistique aux populations déplacées et qui vivent en ce moment dans un dénuement total, à travers une quête coordonnée avec les partenaires au Mali et dans les autres pays.

Le Cospam s'engage également à rencontrer toutes les parties et composantes concernées par cette crise, dans une démarche de médiation citoyenne, et envisage toute autre action ou initiative pouvant amener les Etats et la communauté internationale à travailler, et à trouver des solutions urgentes à cette situation qui secoue la sous-région.

Pour ce faire, un lieu de collecte de dons sera mis en place et des responsables seront chargés de la bonne organisation de cette campagne de solidarité.

Parallèlement aux démarches qui seront entreprises pour rencontrer les autorités des Etats et toutes les institutions nationales, sous régionales, régionales et internationales concernées par cette crise, le Cospam/Sr lance un appel à la presse nationale et internationale pour aider à porter le message d'appel à la solidarité au sein de l'opinion publique du monde.

ALIOUNE TINE, EXPERT INDEPENDANT DES NATIONS UNIES POUR LES DROITS DE L'HOMME AU MALI : «Un sommet extraordinaire de l'ua, de la cedeao sur les conflits intercommunautaires au mali»

«Il faut faire en sorte que ce comité soit un véritable comité africain de la sous-région. Les Etats sont sur place, avec pas mal de troupes, comme l'Afrique de l'Ouest, le Sénégal, la Police de l'Ouest. Le grand problème du Mali, c'est que c'est un pays immense et l'Etat ne peut pas être partout.

Au Nord, comme au Centre, l'Etat est absent; et cela, les djihadistes en tirent profit. Et c'est cette absence de l'Etat qui a fait qu'on a assisté à ces atrocités qui ont eu un pic à Ogassogou parce qu'il est incompréhensible que des gens tuent sans qu'ils y aient la protection des civiles.

Aussi bien l'Etat, la Munisma et la communauté internationale doivent user de tous les moyens pour protéger les civils et leurs biens. Plus jamais ce qu'on a vu à Ogassogou: des enfants tués, des femmes éventrées, des greniers brulés, les puits empoisonnés. Ce qui s'est passé à Ogassogou est juste abominable.

Il y a aussi l'impunité qui est l'allié objectif et positif des criminels, des mesures exceptionnelles doivent être prises pour sanctionner les responsables de ces crimes-là et la communauté internationale doit aider le Mali à renforcer ses juridictions.

Même si la communauté d'enquête internationale existe, le cancer de l'impunité doit être résolu. Le problème du Mali est qu'il y a trop de forces: la Munisma, Barkhane, les Fam et en même tant les milices, donc c'est un cocktail explosif de groupe armée. Mais il y a aussi la criminalité transfrontalière qui est à adossé au djihadistes.

Les Etats et les individus hors des classes interviennent parce que la famine commence à s'installer, il y a des écoles fermées et des centaines de milliers d'enfants dans les rues. Il y a le caractère sous régional; après Ogassogou, c'est au Burkina: Yirgou, Soum avec 62 morts.

Donc le problème est devenu sous régional et nous demandons un sommet extraordinaire de l'Union africaine (Ua), de la Cedeao sur la question des conflits intercommunautaires au Mali, pour examiner de façon globale la situation et que des solutions soient prises.

Le Mali est aujourd'hui un verrou et si le verrou malien saute, ce sera une catastrophe pour la sous-région.

La communauté internationale, de même que celle africaine, doit savoir que le problème qui pèse sur le Mali est une menace pour nous tous. Il faut aider les Maliens à s'entendre et à être unis pour ce défi énorme que représente la stabilité.»

MAMADOU MIGNANE DIOUF, FORUM SOCIAL SENEGALAIS : «La crise malienne résulte d'un problème politique et non ethnique»

Pour Mamadou Mignane Diouf du Forum Social Sénégalais, la crise qui sévit au Mali depuis 2013, revêt un caractère purement politique.

Et on «stigmatise les donnes en faisant croire aux gens que les djihadistes, c'est des peulhs ou des dogons pour nous mettre en mal avec nous-mêmes, alors que le problème est politique.

Le malheur ne vient jamais seul, cette crise malienne prend l'allure d'une crise intercommunautaire entre les groupes ethniques qui, depuis des siècles, cohabitent sans problèmes majeurs».

Il ajoute que ces conflits intercommunautaires ont atteint un niveau inquiétant avec la tuerie d'au moins 160 personnes, le samedi 23 mars dans le village peulh d'Ogassogou, sans oublier l'attaque d'un village dogon, 3 jours après, le 26 mars avec 4 personnes tuées.

Il se «désole de la situation de beaucoup de personnes vivant dans les abords de Bamako, sans logement, ni nourriture; des enfants innocents, laissés à eux-mêmes, ont arrêté d'aller à l'école.

Cette situation interpelle l'Afrique subsaharienne, en particulier, et le monde, de manière générale. Il faut trouver une solution politique à ce problème qui est politique».

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