17 Avril 2019

Mozambique: Le point sur la situation humanitaire après le passage du cyclone Idai

communiqué de presse

Depuis le passage du cyclone Idai, qui a causé de nombreuses destructions et d'importantes inondations, les équipes MSF mènent des interventions d'urgence aussi bien dans des aires urbaines comme Beira que dans des zones rurales comme celle de Nhamatanda.

L'accès restreint à l'eau potable et les conditions sanitaires ont fait craindre à l'association une propagation de l'épidémie de choléra qui a déjà touché des milliers de personnes. Le point sur l'intervention MSF et la situation humanitaire au Mozambique.

Les équipes de Médecins Sans Frontières, déjà présentes au Mozambique, s'étaient préparées à intervenir en urgence après le passage du cyclone Idai, qui se formait alors au-dessus de l'océan Indien.

Elles avaient également sécurisé les installations, leurs habitations et les stocks de médicaments, qui servent notamment à la prise en charge des personnes affectées par le VIH/Sida, un des projets réguliers de MSF dans le pays.

Dès la réouverture de l'aéroport de Beira le 16 mars, MSF a envoyé une équipe d'urgence depuis Maputo, la capitale du Mozambique, pour évaluer les besoins de l'ensemble de la communauté.

L'association a également déployé du personnel médical et logistique supplémentaire, et mis en place un approvisionnement en provenance de Maputo, de Bruxelles et de Dubaï.

Les craintes d'une épidémie de choléra généralisée

Compte tenu des inondations massives et des dommages structurels causés au système d'approvisionnement en eau provoqués par le cyclone Idai, le déclenchement d'une flambée épidémique de choléra était quasi inévitable.

Par conséquent, dès le 21 mars, MSF a établi une coopération avec le ministère de la Santé pour isoler et soigner les patients soupçonnés de présenter le choléra dans deux centres de santé de Beira.

« Au début, nous avons soigné jusqu'à 200 patients par jour dans une seule unité de traitement du choléra », indique Quezia Monteiro, spécialiste des maladies infectieuses chez MSF.

Habituellement, elle dirige une clinique de prise en charge des cas de VIH/Sida avancé au centre de santé de Munhava, mais elle a participé plusieurs semaines au programme de lutte contre le choléra mené par MSF.

« Les plus touchés étaient, comme toujours, les plus vulnérables : les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Nos patients les plus malades étaient également atteints du VIH et nécessitaient un traitement pour ces deux maladies », précise-t-elle.

Lorsque l'épidémie de choléra de Beira a été officiellement déclarée le 27 mars, outre les deux unités de traitement du choléra actives à l'époque, trois centres de traitement de la maladie, d'une capacité totale d'environ 350 lits, étaient déjà en cours de construction par MSF et le ministère de la Santé.

Des unités plus petites ont ensuite été installées dans la ville reculée de Buzi, ainsi qu'à Dondo, Mafambisse, Matua et Tica, sur la route entre Beira et la ville intérieure de Chimoio.

Des équipes MSF visitent les communautés de la ville de Beira pour évaluer les besoins des populations et proposer des soins médicaux. 2019. Mozambique. © Pablo Garrigos/MSF

« Le choléra est très contagieux et peut se propager extrêmement rapidement dans une zone urbaine surpeuplée comme Beira, a déclaré Anja Wolz, coordinatrice des urgences MSF à Beira.

Avec le ministère de la Santé, nous avons prévu de disposer rapidement d'au moins 350 lits et de pouvoir étendre notre capacité à 1 000 lits si nécessaire. »

Les équipes combinées de MSF et du ministère de la Santé ont jusqu'à présent pris en charge plus de 3 400 patients atteints du choléra dans la région touchée par les inondations.

En complément de l'eau fournie par les autorités, MSF a installé une station d'épuration à Chingussura, dans la banlieue nord de Beira.

Notre structure fournit jusqu'à 7 500 litres d'eau potable par heure à la population et aux centres de santé locaux. L'accès à l'eau potable est essentiel pour prévenir la propagation d'une épidémie de choléra.

Survivre au cyclone

Un mois après le cyclone, la vie est plus ou moins revenue à la normale à Beira, bien que certains quartiers, les plus pauvres notamment, soient encore affectés par les destructions et que l'accès aux soins de santé reste compliqué.

La semaine dernière, les quatre centres de traitement du choléra gérés par MSF et le ministère de la Santé de Beira ont pris en charge une centaine de nouveaux patients par jour. De nombreux malades vivent avec le VIH/Sida, ce qui affaiblit leur système immunitaire et ralentit leur rétablissement.

Compte tenu de cette baisse de fréquentation, MSF est déjà en train de réduire le nombre de lits disponibles, passant de 350 à environ 150, et ne gèrera plus à l'avenir qu'un seul centre de traitement et une seule unité de traitement du choléra.

« Nous ne pouvons pas dire que nous avons vaincu cette épidémie parce qu'il y a encore de nouveaux patients qui arrivent, a déclaré Anja Wolz, coordinatrice des urgences MSF à Beira.

Mais d'après nos constatations sur le terrain, le nombre de cas présumés de choléra va dans la bonne direction. Grâce à la campagne de vaccination et à l'importante réponse de la communauté, nous pensons que nous pourrons bientôt maîtriser cette épidémie. »

En dehors de Beira, MSF prend en charge les malades au sein d'unités de vingt lits mises en place pour traiter le choléra à Dondo et à Tica, et dans un centre de douze lits à Buzi. De plus, MSF a préparé deux unités de traitement à Matua et à Mafambisse en cas d'épidémie.

MSF a également fourni un soutien logistique, technique et de planification au ministère de la Santé pour une campagne de vaccination contre le choléra à Beira, Dondo, Nhamatanda et Buzi. Jusqu'à présent, près de 750 000 personnes ont été vaccinées.

Lors de leur visite sur le terrain, pour proposer des soins médicaux et expliquer à la population comment se prémunir du choléra, les équipes communautaires en profitent également pour mettre en place un système de surveillance afin de détecter rapidement les cas de paludisme et de malnutrition.

À Nhamatanda par exemple, une augmentation du nombre de patients atteints de paludisme a été signalée. MSF procède déjà à des évaluations de sécurité alimentaire et commence à distribuer des moustiquaires et des kits d'hygiène dans les villes et les villages difficiles d'accès dans la région sinistrée.

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